Commentaire : Quel avenir politique pour le C.a.d.d-M.j, après ses 18 ans d’existence?

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C’est la question que l’on est en droit de se poser,  après la tenue, du 15 au 18 décembre dernier, à Brazzaville, d’une série d’activités liées à la célébration du 18ème anniversaire du C.a.d.d-M.j. A cette occasion, André Okombi Salissa, président coordonnateur de cette organisation juvénile adoptée par le P.c.t (Parti congolais du travail), a fixé rendez-vous à ses militants pour le mois de juillet prochain, lors des assises du troisième congrès du C.a.d.d-M.j. C’est donc un statut quo qui demeure sur le sort de cette association politique créée le  28 août 1993, quant à son avenir politique, au regard des recommandations du 6ème congrès extraordinaire du P.c.t qui interdisent aux membres du parti de ne plus animer une association politique.


S’il faut s’en tenir aux recommandations du 6ème congrès extraordinaire du P.c.t, le C.a.d.d-M.j ne devrait, en principe, plus exister. Car, il est fait obligation à tous les membres du parti de ne pas animer une association politique. Or, le C.a.d.d-M.j est animé par un membre du bureau politique du P.c.t. Par conséquent, il tombe sous le coup des recommandations du 6ème congrès extraordinaire. Car, le C.a.d.d-M.j ne devrait pas faire exception à la règle. C’est une association comme toutes autres, même si son coordonnateur a dit que les recommandations du 6ème congrès extraordinaire du P.c.t ne faisaient pas état de la dissolution de son association.
Cette exigence a été réitérée, dans la Bouenza, par le secrétaire général du P.c.t, Pierre Ngolo, à qui on avait posé,s lors de sa tournée, une question sur le C.a.d.d-M.j qu’animait un membre du P.c.t, à Pointe-Noire. A cette question, il répondait, simplement, qu’il était bon pour cette personne de faire le choix. Celui de rester au P.c.t ou de démissionner, parce que «les recommandations du congrès n’autorisent pas à un membre du parti d’animer une association politique», avait-il indiqué, devant les militants du P.c.t et les représentants des partis membres du R.m.p (Rassemblement pour la majorité présidentielle).
Suite à cette réponse, le C.a.d.d-M.j doit donc faire le choix sur son avenir politique. Ou continuer à exister en tant qu’association politique dont le leader ne sera plus membre du P.c.t ou s’auto-dissoudre, pour laisser place à la grande formation de jeunesse en gestation au sein du P.c.t. Car, cela a été dit que le P.c.t prépare la création d’un grand mouvement de jeunesse, qui va remplacer l’U.j.s.c (Union de la jeunesse socialiste congolaise), pour les jeunes, et d’un  grand mouvement de femmes, qui va remplacer l’U.r.f.c (Union révolutionnaire des femmes du Congo).
Aux yeux des observateurs, le discours du ministre Okombi-Salissa s’écarte de la discipline du parti. Le C.a.d.d-M.j a présenté et obtenu, sous le label d’indépendant, un sénateur dans la Bouenza, lors des élections partielles du 9 octobre dernier, alors que le secrétaire général du P.c.t, Pierre Ngolo, dans ses mises en garde aux conseillers départementaux, pour garantir le succès du R.m.p, faisait savoir qu’il n’était pas possible de rêver construire dans l’indiscipline et le désordre. «Les conseillers élus sous le label P.c.t ou R.m.p non investis et qui se présenteront comme indépendants perdront leur statut de membres. Ils seront, automatiquement, remplacés…». Les sanctions sont toujours attendues pour ceux des partis qui ont présenté des candidats sous le label d’indépendants.
En tout cas, le bras de fer est, maintenant, public. Ni le P.c.t ni le C.a.d.d-M.j ne peuvent plus faire semblant: la guerre est ouverte. Ou le P.c.t obtient du président-coordonnateur du C.a.d.d-M.j, le plein respect des résolutions du congrès, ou André Okombi-Salissa mettra tout son poids politique dans la balance, pour imposer l’existence de son mouvement de jeunesse dans le giron du P.c.t. Quoiqu’il en  soit, la crise est là, quand on sait que 2016 s’est aussi invité, sournoisement, dans le débat. Mais, c’est là encore une autre paire de manche. On attend de voir le prochain épisode du bras de fer P.c.t/C.a.d.d-M.j, pour en juger.

Cyr Armel YABBAT-NGO

 

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