Après l’interdiction de l’assemblée générale de son parti à Mfilou, Ambroise Hervé Malonga s’interroge: Pourquoi l’opposition est-elle de plus en plus interdite de manifestation publique?

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Le président de la C.r (Convention des républicains), Me Ambroise Hervé Malonga, avait prévu d’organiser, le samedi 23 octobre 2011, à M’filou, une assemblée générale de son parti, dans le septième arrondissement, Mfilou, à Brazzaville. Malheureusement, celle-ci n’a pas pu avoir lieu. Et pour cause, les agents de la force publique sont venus disperser les militants et leur intimer l’ordre d’enlever la banderole et les chaises qui étaient déjà installées, sous prétexte que l’autorisation qu’il possédait et signé du secrétaire général de la mairie, n’était pas valable. Après moult tractations, c’est pratiquement à18h que Me Ambroise Hervé Malonga, qui venait d’arriver sur les lieux, a pu s’entretenir pendant dix minutes, avec ses militants, en lieu et place d’une assemblée générale.

La réaction des agents de la force publique d’interdire une activité politique dont la tenue était, pourtant, autorisée par les pouvoirs publics, a surpris plus d’un observateur, tout comme les militants de la Convention des républicains. Prévue à 15h30, la manifestation a été, tout simplement, empêchée par la force de l’ordre. Quelques militants sont restés dehors, jusqu’à 18h, pour attendre l’arrivée de leur leader qui n’a constaté que le fait accompli.
S’adressant à ses militants qui avaient pu réinstaller le matériel à l’endroit de la cérémonie, après un compromis avec les agents de la force publique, qui, finalement, s’étaient retirés des lieux, Me Ambroise Hervé Malonga s’est dit être attristé et déçu. «Vous constatez, avec moi, ce que le pouvoir est en train de faire. Nous avons obtenu l’autorisation de la mairie de M’filou, signée par son secrétaire général, depuis une semaine. Curieusement, au-jourd’hui, on nous empêche de tenir notre assemblée générale. Il nous reste qu’à demander au président de la République à  décréter le monopartisme au Congo», a-t-il lâché, comme par dépit.
Par ailleurs, il a rappelé que les responsables de l’opposition se heurtent, de plus en plus, à l’interdiction de leurs activités publiques. C’est le cas du président de l’U.p.r.n, Mathias Dzon, au palais des congrès, et du président du P.a.d, à Pointe-Noire. Ambroise Hervé Malonga s’est posé la question de savoir comment est-ce que les agents de la force publique peuvent-ils investir les lieux pour interdire la tenue de l’assemblée générale d’un parti politique reconnu et agréé par le Ministère de l’administration du territoire, et qui a obtenu une autorisation?
Pour lui, il n’y a qu’au Congo qu’on peut voir ce genre de choses. «Le pouvoir à peur qu’on dise certaines choses. Le pouvoir et le P.c.t font le tout possible pour museler l’opposition et empêcher ses leaders de parler. Ils pensent que le pays leur appartient et qu’il n’y a qu’eux qui doivent parler», a-t-il fait savoir. Me Malonga est convaincu que le pouvoir veut cacher des choses au peuple, comme les révélations de M. Bourgi ou l’interpellation à Paris (France), de l’épouse d’une autorité, en possession d’une forte somme d’argent en euros, «alors que dans le pays, les élèves s’assoient à même le sol dans certaines salles de classe; les amphithéâtres de l’université manquent de sonorisation, etc.», a-t-il ajouté.
Toujours dans le même ordre d’idées, il a poursuivi: «Le pouvoir a également peur, parce qu’il y a quelques semaines, les gens sont partis des Nations unies, pour venir chercher à en savoir plus sur l’affaire des disparus du beach». Sur cette affaire, Me Malonga, un des avocats de la partie civile, a alors affiché sa position: «Je vous avais dit qu’on avait fait une mascarade de procès. Au-jourd’hui, on leur demande d’arrêter les personnes qui ont tué les gens au beach et de reprendre l’instruction de cette affaire, parce qu’on nous avait trompés. S’ils ne le font pas, bien entendu, c’est la Cour pénale qui reprendra les enquêtes», a-t-il précisé. Ambroise Hervé Malonga a promis à ses militants qu’il reviendra à M’filou, pour un meeting.

Cyr Armel YABBAT-NGO