Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude : Laurent Tengo a fait un bilan optimiste de la lutte contre la corruption au Congo

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Le secrétaire permanent de la commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, Laurent Tengo, a donné un point de presse, samedi 15 octobre 2011, au siège de cette institution, à Brazzaville, sur le bilan des activités menées depuis sa création, en 2007, jusqu'à aujourd'hui. Il ressort de son bilan que même si le phénomène de la corruption reste à un niveau préoccupant, il tend, malgré tout, à baisser.

Après avoir rappelé les attributions de la commission, Laurent Tengo, dans son mot introductif, a rappelé les actions réalisées, avec l'appui du gouvernement et des partenaires au développement. Ces actions vont de l'étude diagnostique sur la gouvernance au Congo (pour avoir une perception claire du phénomène de corruption dans notre pays), jusqu'à l'organisation des campagnes de sensibilisation et la diffusion de rapports annuels.  L'indice de perception de la corruption au Congo est passé de 1.9, en 2008 et 2009, à 2.1, en 2010, soit une légère amélioration. Le Congo a marqué, en effet, une avancée de 24 places, par rapport à son rang de 2009, soit 154ème sur 178 pays, en 2010. Mais, c'est un niveau encore préoccupant. L'ensemble des études, même celles faites en 2003, en 2009 et récemment en 2010, ont montré que tous les secteurs d'activités, tant politiques que privés, sont touchés par le phénomène de corruption. Cela va des structures administratives de base aux institutions, en passant par les entreprises privées, quelle que soit leur forme, jusqu'aux partis politiques. Même les structures comme les confessions religieuses et les chefferies traditionnelles ne sont pas épargnées par le phénomène, selon le secrétaire permanent.
Dans cette optique, l'action générale de la commission est à la fois préventive et répressive. Dans la dimension préventive, la commission concourt, seule ou avec d'autres institutions, à la mise en place de mécanismes ou à la mise en œuvre de réformes tendant à instaurer la transparence et le contrôle dans la gestion publique, à moraliser la vie publique, pour faire asseoir la bonne gouvernance.
Dans la dimension répressive, elle procède à des investigations et des enquêtes. Le rôle de la commission n'est  pas d'arrêter les corrompus et les corrupteurs, mais de détecter et de mettre en évidence ce qu'elle croit être des actes de corruption, auprès du juge qui peut être saisi pour dire le droit. C'est le juge qui applique les règles prévues en matière pénale.
En dressant le bilan, Laurent Tengo a reconnu que c'est en 2010 que la commission a réellement enclenché son œuvre principale, après avoir rempli l'ensemble des préalables à la lutte contre la corruption. Des enquêtes et des investigations ont été menées, d'une part, sur les marchés publics, notamment ceux relevant de la municipalisation accélérée, et, d'autre part, sur les recettes fiscales et douanières. Sur les marchés publics, elles ont porté, essentiellement, sur les marchés relatifs à la municipalisation accélérée dans les départements du Kouilou, de la Likouala, du Niari et de la Cuvette. Après l'enquête, la commission a identifié 265 marchés publics pour un coût global de 82.853.948.834 francs Cfa. La plupart de ces marchés étaient, soit, inexistants, embryonnaires, totalement ou partiellement abandonnés, tombés en ruine, parfois achevés, mais non réceptionnés. Pourtant, le niveau de paiement ou de décaissement pour l'ensemble de ces marchés est estimé à 74.83 %, tandis que le niveau de réalisation des travaux est resté relativement faible à 43.67 %.
Quant aux recettes de l'Etat, donc le secteur fiscalo-douanier, les enquêtes ont révélé, par exemple, le mauvais fonctionnement de la chaîne de recettes fiscales et 350 déclarations impayées, entre 2007 et 2009, représentant un montant global de 1,4 milliard de francs Cfa, par exemple.
Au regard de l'ampleur du phénomène de corruption, le point de presse a eu pour objectif de susciter l'attention des différents acteurs de la vie nationale et la mobilisation active de tous, pour la mise en œuvre des conditions optimales de l'atténuation substantielle de ce phénomène qui cause la pauvreté, retarde le développement et affecte l'économie nationale.

Philippe BANZ.

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