Elections sénatoriales : Que fera Pierre Ngolo, après le revers du P.c.t dans la Bouenza et le Kouilou?

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Qu’adviendra-t-il des conseillers du R.m.p (Rassemblement de la majorité présidentielle) qui ont bravé, lors des élections sénatoriales partielles, la discipline de leur plateforme politique, malgré les mises en garde de secrétaire général du P.c.t (Parti congolais du travail), Pierre Ngolo, et président par intérim du R.m.p? C’est la question qu’on est en droit de se poser, au regard des résultats des élections sénatoriales partielles, qui démontrent que les consignes passées n’ont pas été suivies.

Le secrétaire général du  P.c.t et président par intérim du R.m.p menaçait d’exclusion les candidats non investis par la direction politique du R.m.p qui se présenteraient sous le label d’indépendants. «Les conseillers élus sous le label P.c.t ou R.m.p non investis et qui se présenteront comme indépendants perdront leur statut de membres du parti et de conseillers. Ils seront, automatiquement, remplacés. Pour ce vote, un dispositif est mis au point et permettra de s’assurer que nos conseillers ont voté R.m.p», avait-il martelé.
Partout où il était passé, Pierre Ngolo s’était présenté comme un sapeur pompier, d’une part, pour taire les contradictions internes et, d’autre part, pour soutenir les sénateurs sortants du R.m.p. Il avait pour mission de remettre de l’ordre dans les rangs des élus de la majorité, qui s’étaient divisés sur le choix des candidats devant représenter le R.m.p au sénat. Certains conseillers n’avaient pas apprécié le fait que le parti ait reconduit, automatiquement, les mêmes sénateurs sortants. «C’est nous qui les connaissons et c’est à nous de vous donner la majorité et nous vous la donnerons. Il y a bien d’autres candidats, héros dans l’ombre, qui œuvrent pour le succès du Chemin d’avenir. Nous voulons de nouvelles pratiques. Car, nous ne sommes plus au monopartisme, nous sommes en démocratie et en démocratie, c’est la loi du nombre. Je suggère qu’on puisse revoir la composition de cette liste», avait affirmé, par exemple, à Madingou, Alix José Bambi, un conseiller du Club 2002 P.u.r.
Si de telles préoccupations avaient été prises en compte, peut-être que le R.m.p n’allait pas connaître le revers qu’il a subi dans la Bouenza et dans le Kouilou.
En tout cas, pour les victoires futures, la direction du P.c.t et du R.m.p a intérêt à intérioriser la maxime selon laquelle, «la voix du peuple, c’est la voix de Dieu». Pour le cas précis, le peuple, ce sont les conseillers électeurs.
Le secrétaire général du P.c.t, n’a-t-il pas convaincu? En tout cas, les conseillers dans la Bouenza et le Kouilou ont voté selon leurs convictions, bravant ainsi la discipline du parti, malgré les menaces d’exclusion qui leur étaient adressées. «Il n’est plus question, pour nous, de reproduire le schéma de la division où s’affrontent les candidats d’une même obédience. Désormais, dès qu’un des nôtres se présente, tous les autres doivent se mobiliser derrière lui. Ce n’est que dans ces conditions que nous pourrons préparer les vraies victoires», avait-il affirmé.
Or, certains conseillers ont refusé de soutenir les candidats investis par le R.m.p. Ils se sont, plutôt, présentés comme indépendants et ont été élus contre les candidats du R.m.p.
A Madingou, deux indépendants (Mouanda-Kintsinga Ralcoh, Jean-Pierre Ngouya), issus des rangs du R.m.p, ont été élus. Trois autres dans le Kouilou (Mavoungou Godefroy, Julien Makoundi-Tchinbinda et François Soumbou).
Outre, les indépendants, quelques partis politiques membres de la majorité présidentielle (Club 2002 P.u.r et M.s.d) ont aussi obtenu des sénateurs. Il s’agit du Club 2002 P.u.r (2 sénateurs) et du M.s.d (1 sénateur), deux partis qui ont, d’ailleurs, un accord bilatéral, qui se sont distingués par leur refus de se dissoudre dans le P.c.t, lors du 6ème congrès extraordinaire de ce parti, pour manque de garanties.
Le secrétaire général du P.c.t appliquera-t-il à la lettre la discipline du parti? En tout cas, les militants et sympathisants du P.c.t attendent qu’il tienne parole. Là où la direction politique du P.c.t pourra, néanmoins, tirer satisfaction, c’est dans la Cuvette et la Sangha. Tous les élus sont labellisés P.c.t et non plus R.m.p.
Dans l’opposition, l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), le parti de l’ancien président Pascal Lissouba, a créé la surprise, en obtenant deux sièges. Le parti des trois palmiers a renouvelé l’exploit de Dolisie, lors des sénatoriales dans le département du Niari, en 2008, au cours desquelles deux candidats  (Paul Adam Boussou-Diangou et Emmanuel Boungouandza), de cette formation politique, avaient été élus, à la grande surprise de tous.
Signalons aussi la percée, à Brazzaville, de l’opposant modéré, Nicéphore Fylla Saint-Eudes, ancien député de la majorité et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2009. Il aurait été élu sénateur grâce au soutien du R.m.p, comme pour réparer une certaine injustice dont il aurait été victime, en 2007, lors des élections législatives où il avait revendiqué en vain, sa victoire, à Poto-Poto.
Avec les dernières élections sénatoriales partielles, de grandes figures du sénat sont tombées: Benjamin Bounkoulou (premier vice-président du sénat), Martin Bissila (président de la commission économie et finances) (du parti U.r), Justin Mikolo Kinzonzi, Dionnaire Tsatsa, Henri Ngakama (tous du P.c.t), Bernard Makaya (M.a.r) Pierre Nzé (U.n.d.p), Paul Madzou (U.f.d), etc.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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