Ange-Edouard Poungui, après son élection comme sénateur : «Sans complaisance, je dois reconnaître qu’il y a eu des progrès certains, dans l’organisation de ce scrutin»

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Elu dans la Bouenza, comme sénateur de la République, Ange-Edouard Poungui retrouve ainsi un mandat national, après une longue traversée du désert, depuis la chute du régime du président Pascal Lissouba, le 15 octobre 1997. Ancien premier ministre, ancien député et l’une des grandes figures de l’opposition congolaise, rentré d’exil, il y a environ cinq ans, vice-président de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), Ange-Edouard Poungui regagne ainsi l’arène institutionnelle nationale. Dans l’interview exclusive qu’il nous a accordée, il livre ses impressions après son élection comme sénateur et son point de vue sur l’organisation des élections.

* Monsieur le vice-président, vous venez d’être élu sénateur dans le département de la Bouenza, quelles sont vos impressions et que ressentez-vous?
**Je dédie, d’emblée, cette victoire à mon cher cadet, Jacques Mouanda-Mpassi, qui nous a quittés, voici bientôt deux ans. Là où il se trouve, je le vois, les larmes aux yeux, me sauter au cou et, de sa voix de stentor, tressaillir de joie, à l’annonce de mon élection comme sénateur.
Je n’oublie pas de remercier les grands électeurs de la Bouenza qui ont porté leur choix sur ma modeste personne, en bravant toutes les pressions et les intimidations qu’ils ont subies.

* Le corps électoral, au niveau du conseil départemental de la Bouenza n’est quand même pas acquis à l’opposition, qu’est-ce qui a milité à votre élection?
**Le collège électoral, aux sénatoriales, est constitué, en ce qui concerne la Bouenza, de 90 grands électeurs. Je suis conseiller départemental de la Bouenza. Les électeurs sont, par conséquent, mes collègues que je côtoie, régulièrement, à l’occasion des sessions du conseil départemental. Ici, les clivages partisans s’estompent. Que l’on soit de la majorité ou de l’opposition, nous avons, tous, à cœur, le développement de la Bouenza, pour le bien-être de ses populations. Par ailleurs, l’U.pa.d.s détient le tiers des conseillers. Je crois savoir que l’U.r et le P.c.t, qui se sont rassemblés au sein du R.m.p, n’en compteraient qu’une dizaine. Le reste est constitué d’indépendants ou de partis et associations qui n’ont pas, avec le R.m.p, des relations structurelles. C’est donc vers cet électorat assidûment courtisé que les candidats, y compris ceux du R.m.p, se sont tournés, pour combler leur handicap. J’ajoute, en ce qui me concerne, que sans l’apport des voix des conseillers véritablement indépendants, je n’aurais jamais été élu. C’est le moment de leur adresser mes fraternels et chaleureux remerciements!
D’aucuns ont insinué que j’aurais bénéficié du soutien du pouvoir. A ce propos, n’allez, tout de même, pas imaginer que le R.m.p puisse sacrifier ses candidats les plus emblématiques, au profit d’un candidat estampillé opposant au fer rouge?

* Comment voyez-vous l’organisation de ce scrutin?
** Sans complaisance, je dois reconnaître qu’il y a eu des progrès certains, dans l’organisation de ce scrutin. J’exhorte, par conséquent, le gouvernement, à capitaliser cette avancée dans l’organisation apaisée des scrutins à venir. Cette appréciation peut paraître démagogique. Cependant, elle est fondée sur l’observation des scrutins qui ont été organisés depuis 2008 au sein du conseil départemental de la Bouenza, notamment lors du scrutin ayant pourvu à la vacance inopinée du poste de vice-président du bureau exécutif du conseil. A cette occasion, le scrutin s’était déroulé de façon correcte.
* Comment envisagez-vous l’organisation des élections législatives de 2012?
** Naturellement, on ne peut pas comparer l’organisation de l’élection législative avec le scrutin qui vient d’avoir lieu le 9 octobre 2011. La première est une élection au suffrage universel direct à deux tours et concerne tout le pays, tandis que l’élection sénatoriale se fait au suffrage universel indirect à un tour. Chaque scrutin appelle, donc, une organisation singulière.
Cependant, tout scrutin, qu’il soit présidentiel, législatif, local ou sénatorial, doit être organisé et doit se dérouler dans la transparence, car une élection transparente appelle l’acceptation des résultats.
S’agissant des élections législatives de 2012, l’U.pa.d.s présentera des candidats sur l’ensemble du pays. A ce sujet, le parti du président Pascal Lissouba a proposé un ensemble de propositions de lois de nature à améliorer l’organisation des prochaines élections législatives, dans la transparence. Ces propositions de lois visent la détermination du corps électoral, le découpage électoral et la réforme de la Conel, pour en faire un organe consensuel et indépendant.
S’agissant particulièrement du découpage électoral, il est incompréhensible que le district de Madingou, par exemple, le plus peuplé du pays, n’ait qu’une seule circonscription électorale. De même, je plaide qu’lmpfondo soit doté d’une seconde circonscription. Cette injustice devra être réparée avant la convocation du corps électoral.

* Que comptez-vous apporter au sénat aujourd’hui?
** J’espère apporter, à cette vénérable institution, mon expérience et, surtout, ma ferme volonté de contribuer à la consolidation de la démocratie, la vraie, telle que j’en ai rêvé à la sortie de la Conférence nationale souveraine de 1991.

Propos recueillis par
Pascal Azad DOKO

Informations supplémentaires