Prix Nobel de la paix 2011 : La présidente du Libéria et deux militantes des droits de l'homme honorées

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Le prix Nobel de la paix 2011 a été attribué à trois femmes et non des moindres: Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Libéria, actuellement en campagne électorale pour un deuxième mandat; Leymah Roberta Gbowee, libérienne également, et à une Yéménite, Tawakkul Karman, pour leur lutte non violente pour la sécurité et les droits des femmes. Après Wangari Mathaï, en 2004, les femmes s'illustrent encore, cette année, pour leur combat en faveur de la non violence et des droits humains, particulièrement les droits de la femme.

 

En 2005, Ellen Johnson Sirleaf est entrée dans l'histoire, en devenant la première femme africaine à se porter à la tête d'un Etat, le Libéria, qui compte 4 millions d'habitants ayant subi le traumatisme des guerres civiles, de 1989 à 2003. Son but n'a pas changé depuis son investiture à la magistrature suprême de son pays et elle continue son œuvre de reconstruction, avec la même détermination et le même engagement, pour le bien-être de son peuple, marqué par 14 ans de guerres civiles ayant fait plus de 250.000 morts.
A la tête du Libéria, elle s'est lancée dans la lutte contre la corruption. Elle travaille dur pour le désendettement du Liberia, tout en poursuivant son œuvre de réconciliation de ses concitoyens. A 72 ans, Ellen Johnson Sirleaf brigue un second mandat, lors de la présidentielle du mardi 11 octobre, et elle est parmi les favoris.
Leymah Roberta Gbowee, sa compatriote, a été récompensée pour son travail de mobilisation et d'organisation des femmes des ethnies et des religions différentes, pour mettre un terme à la guerre civile et garantir la participation des femmes aux élections. Quadragénaire, femme courageuse et militante pacifiste qui a mis fin à la deuxième guerre civile de son pays, le Libéria, grâce à la grève du sexe. Elle a, souvent, fait recours à la prière dans ses actions. Elle appelle les femmes à suivre son exemple, en priant pour la paix. Ce qu'elles font sans distinction de religions, en s'habillant en tenue blanche. Pendant le conflit qu'a connu son pays, le mouvement a pris de l'ampleur, jusqu'à ce qu'on a appelé la grève du sexe, obligeant le régime de Charles Taylor à les associer aux pourparlers de paix.
La Yéménite Tawakkul Karman a joué un rôle prépondérant dans la lutte en faveur des droits des femmes, de la démocratie et de la paix au Yémen. Journaliste, née en 1972, elle est une figure emblématique du soulèvement populaire contre le président Ali Abdallah Saleh. Elle a été un des principaux meneurs des manifestations estudiantines du mois de janvier, qui ont provoqué un grand soulèvement dans le pays, plongeant les autorités dans une grande colère; ce qui a suscité son arrestation. Dans son pays, les femmes ne jouent pas un rôle de premier plan en politique.
Rappelons qu'en 110 ans d'histoire, seules 12 femmes avaient reçu le prix Nobel de la paix. La dernière en date étant feue, la kenyane écologiste Wangari Maathai, en 2004. Ces trois lauréats recevront leurs prix, le 10 décembre prochain, à Oslo, date anniversaire de la mort du fondateur de ce prix, l'industriel et philanthrope suédois, Alfred Nobel. Ce prix est composé d'une médaille, d'un diplôme et d'un chèque d'environ 1 million d'euros que les trois lauréates se partageront. Mais, la plus grande récompense, c'est surtout l'auréole internationale que cela leur procure, et qui booste leur combat pour la paix et les droits de la femme.

Alain Patrick MASSAMBA

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