Visite de travail du Président Denis Sassou-Nguesso en Arabie Saoudite : Le Congo diversifie ses partenaires économiques

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Le président Denis Sassou-Nguesso a séjourné, du 24 au 27 mars derniers, à Riyad. Dans la capitale saoudienne, le chef de l’Etat congolais a eu un agenda de travail riche et chargé. C’est une visite de travail dont l’enjeu est à la mesure de la volonté des autorités congolaises de sortir le pays du tout pétrole.

 

La diversification de l’économie est un leitmotiv pour les autorités congolaises, au premier rang desquels le Président de la République. Sa récente visite de travail à Riyad, en Arabie Saoudite, vient de confirmer cette ambition légitime devenue une exigence en cette période de crise économique et financière que traverse le Congo. Il s’agit ainsi, de diversifier les partenaires économiques, en vue de redonner du souffle à l’économie nationale.
 
Le modèle économique saoudien, une référence
 
Le symbole de l’Arabie Saoudite reste sa puissance économique. En 2015, par exemple, ce pays avait la 20e économie mondiale, la 6e d’Asie et la première du monde arabe. Une économie basée sur le pétrole avec une industrie pétrochimique classée deuxième secteur économique du pays en termes d’exportations. Ainsi, grâce à cette industrie, l’Arabie Saoudite est le onzième fournisseur des produits pétrochimiques dans le monde.
 Courant décennie 2010, le royaume saoudien, membre de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP), a dominé la production pétrolière dans cette organisation, grâce à Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale.
Spécialisée dans l’exploitation du pétrole et du gaz, cette société, avec un chiffre d’affaires de 318 milliards de dollars en 2015, est la première compagnie pétrolière mondiale, produisant 10,5 millions de barils par jour. Son Président directeur général, Amin Nasser Ben Hamad Al-Nasser, a, d’ailleurs, été reçu par le chef de l’Etat congolais à Riyad.
 Observateur au sein de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs du pétrole, le Congo diversifie ainsi ses partenaires. Il s’ouvre alors aux Etats du Golfe.
 La série d’entretiens du Président de la République à Riyad a commencé au palais royal d’Al Yamamah, le 25 mars dernier. Denis Sassou Nguesso y a rencontré le roi Salman Bin Abdelaziz Al Saoud.
Outre les questions d’intérêt commun entre le royaume saoudien et le Congo, les deux hommes d’Etat ont, surtout, exprimé leur volonté commune de consolider la coopération bilatérale, en œuvrant ensemble dans les domaines commercial, pétrolier et agricole.
 C’est le ministre saoudien de l’économie et du plan, Mohamed Bin Mazyad Altuwaijiki, qui a présenté à Denis Sassou- Nguesso, au cours de l’audience que ce dernier lui a accordée, les potentialités économiques qui peuvent profiter au Congo. Le chef de l’Etat congolais a également échangé avec Youssef Abassam, Vice-président et directeur général du fonds saoudien de développement. Ce fonds, destiné à financer divers projets de développement à travers le monde, est profitable pour le Congo. Déjà, le 3 février 1977, le Congo avait signé, avec l’Arabie Saoudite, un accord préliminaire de prêt concernant le Chemin de fer Congo Océan (CFCO), pour une durée de 20 ans. Le royaume d’Arabie Saoudite est, à plusieurs égards, un partenaire dont le Congo peut s’inspirer avec son expérience dans les domaines de la technologie, d’infrastructures et de l’immobilier.
 
Une coopération qui se renforce
 
Le Congo et l’Arabie Saoudite ne se découvrent pas maintenant. L’acte premier de coopération entre les deux Etats remonte à cet accord d’il y a 41 ans. Mais, cette coopération se renforce davantage avec des visites de haut niveau dans les deux sens: Brazzaville-Riyad et Riyad-Brazzaville.
 Dans ce contexte et avant de quitter Riyad, le Président Denis Sassou-Nguesso s’est entretenu avec Hamed Hamad Asiri, Vice-président des services de renseignements saoudien. L’échange d’informations entre le Congo et l’Arabie Saoudite en matière de sécurité et de lutte contre les groupes armés en Afrique a constitué le menu de cet entretien.
 Hamed Hamad Asiri a déclaré à la presse, au sortir de cet entretien, qu’il a parlé avec le chef de l’Etat congolais du rôle que doivent jouer les services de sécurité dans le renforcement des «relations bilatérales entre les deux pays»; des relations auxquelles Sa Majesté le roi d’Arabie Saoudite «attache beaucoup de l’importance», a-t-il affirmé.
Selon Hamed Hamad Asiri, les services de sécurité saoudiens doivent être au rendez-vous et renforcer la relation qui est basée actuellement sur les échanges d’informations sécuritaires et des idées autour des actions contre le terrorisme en Afrique. Il a rappelé que l’Arabie Saoudite travaille avec beaucoup d’Etats en Afrique et qu’elle a contribué à hauteur de 100 millions d’euros à la lutte contre le terrorisme en Afrique, à travers les pays du G5 Sahel. Pour lui, son pays va continuer à travailler et à échanger avec les partenaires à Brazzaville et dans le continent africain, pour renforcer la lutte contre le terrorisme.
Ces questions de sécurité étaient au centre des entretiens que le Président Denis Sassou-Nguesso avait eus avec et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Ben Ahmed Al-Joubeir, en janvier dernier, à Brazzaville.
L’Arabie Saoudite se révèle comme un partenaire stratégique pour le Congo.
 A l’évidence, les questions de sécurité, qui vont de pair avec la paix, préoccupent le Président de la République qui est, du reste, président en exercice de la Conférence internationale sur la région des grands Lacs (CIRGL), également président du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la crise libyenne.
 Le Président de la République a regagné Brazzaville, le 27 mars dernier, au terme d’un séjour de travail bien accompli.

Ebouato MWANAPOSA,
Sur les notes de reportage de la presse présidentielle.

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