Consultations présidentielles : Le dialogue inclusif, principale attente des acteurs politiques et de la société civile

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La série des consultations initiées par le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, se poursuit normalement, au palais du peuple, à Brazzaville. Les journées du mardi 26 et mercredi 27 mai ont vu le passage de plusieurs personnalités, comme l’ancien président Jacques Joachim Yhombi-Opango, Bonaventure Mizidy, président du M.i.s, un parti situé à l’opposition, qui n’ont pas fait de déclaration à la presse, le président de l’Assemblée nationale, Justin Koumba.

«Il me faut, après avoir écouté le président de la République, consulter notre base, à savoir la plénière de notre chambre, et dans ce cadre, nous allons organiser certainement, une session extraordinaire pour débattre de cette question, et le point de vue de l’assemblée nationale sera dégagé à cette occasion», a déclaré ce dernier, au sortir de l’audience. Les autres personnalités reçues sont Abel Gaudefroy Boucka, président de la R.a.d, Mme Inès Nefer Ingani, présidente de l’Association actions innovatrices pour la paix et le développement, Fernand Tsoundi, président du R.u.d.l (parti situé à la majorité), et le collectif des partis et associations politiques dirigés par des femmes (Mmes Chantal Kanda Adzakey, Doriane Mavoungou, Yvonne Mampouya, Jeanine Mbossa, Angélique Bantsimba). Dans les réactions enregistrées, il apparaît l’une des grandes attentes exprimées, c’est le dialogue, comme on peut le remarquer, ci-après.

Maurice Kinoko, président du groupement des partis et associations du centre gauche original et historique:
«Nous sommes très heureux, nous avons remercié le chef de l’Etat pour cette initiative. Nous sommes partis pour le mettre au parfum des questions qui se posent, les aspirations populaires; les jeunes, il y a des problèmes: le chômage, la pauvreté des jeunes. Il faudrait bien qu’on s’asseye pour parler de ces situations. Vous êtes sans ignorer qu’il y a également la paix que nous devons préserver; cette paix que nous avons chèrement acquise. Nous avons également parlé de cela avec le chef de l’Etat.
Sur le débat constitutionnel, notre position est connue, nous sommes pour le changement de la Constitution. De toute façon, changement ou pas de la Constitution, cela va se décider au dialogue, au mbongui».

Médard Moussodia, président du P.u.l.p:
«Nous avons eu des échanges riches et nous sommes sortis satisfaits. S’agissant du débat constitutionnel, nous avons dit, par principe, le P.u.l.p s’inscrit toujours dans le respect de la loi. Mais, au-delà de ce respect, le Pulp constate, avec efficacité d’ailleurs, qu’il y a une contradiction entre les uns qui pensent qu’il faut changer la Constitution et les autres qui pensent qu’il faut la maintenir. Au-delà de tout ça, nous avons fait recours à ce qui est la tradition africaine, le mbongui. Ce sont des questions que nous avons proposées en échange, autour d’un dialogue interactif; que les enfants du Congo se parlent, choisissent une voie qui fera que les progrès que nous avons connu, hier, ne soient pas compromis par les velléités, sinon les choix des hommes politiques que nous sommes. Le Congo, c’est notre bien commun et nous, les quadragénaires, nous pensons que nous voulons d’un Congo uni, fort et prospère. Cette force, cette prospérité, nous pouvons les trouver, si nous sommes réellement unis».

Martin Mbéri, individualité:
«Vous allez nous succéder. C’est un contrat moral qui nous lie. Parce qu’on ne peut pas laisser ce pays dans l’éternel recommencement. Ce que j’ai tiré comme leçon, c’est cette disponibilité du chef de l’Etat, à faire que tout aille au mieux, afin que ce pays continue dans des perspectives fortes et intéressantes. Nous n’avons pas abordé la question du débat constitutionnel, parce que je pense, qu’on soit pour le changement ou non, s’il y a dialogue et consensus, c’est qu’il y aura une solution. Donc, c’est un faux débat, devenu partisan, au point où il est, ça devient un faux débat. Dans la mesure où nous savons, tous, que nous sommes un grand nombre, un nombre significatif est pour le dialogue. Et dans la mesure où nous savons que ce n’est pas un dialogue de rapport de forces, mais un dialogue de consensus, il n’y a plus de problème. Nous aurons le temps de discuter. C’est notre pays, nous lui voulons, tous, du bien. Pourquoi voulez-vous que l’on n’y espère pas? Peu importe, au départ, chacun peut avoir ses idées; au départ, on ne peut pas vouloir que tous les citoyens de ce pays pensent la même chose. Mais, à l’arrivée, si c’est un consensus, nous aurons une solution partagée.
S’agissant de ceux qui ont refusé de prendre part à ces consultations, pour moi, ils ont des raisons que la raison ignore. Parce que je comprends bien, dans la mesure où parmi ceux qui ont décliné l’invitation, il y a ceux qui se sont déjà prononcés pour le dialogue. Mais ça, c’est un premier acte du processus qui nous engage pour le dialogue. J’ai écrit, moi, je l’ai demandé, expressément, d’ailleurs. Ça ne tombera pas du ciel; c’est un processus que l’on construit, étape après étape, pas après pas. Alors si, au lieu d’être positif et s’engager dans le combat, vous privilégiez le procès d’intentions, est-ce que les mauvaises intentions sont le monopole de quelques-uns? Est-ce qu’on peut dire d’un homme politique, quel qu’il soit, que toutes ses intentions sont désintéressées, saines, propres, etc.? C’est une race d’hommes particulière, les hommes politiques. Alors, dès qu’on se lance dans ce genre de jeu, je ne comprends pas, j’ai dit, tout à l’heure, qu’ils ont des raisons que la raison ignore».

Emile Opangault, secrétaire général du R.d.d:
«Nous avons discuté sur l’ensemble des problèmes de la société congolaise. Mais vous savez que trente minutes, c’est pas grand-chose, mais on les a abordés. Il y a ce qui concerne la société congolaise, il y a ce qui concerne également les politiques. En ce qui concerne la société congolaise, nous avons soulevé des problèmes qui préoccupent les Congolais au quotidien. L’école ne marche pas, la santé ne marche pas bien, l’eau et l’électricité, le transport en commun, c’est la catastrophe. Et donc, ce sont des problèmes sur lesquels on doit s’attacher, pour les résoudre.
Sur le plan politique, il y a des problèmes qui se posent à la classe politique congolaise, en ce jour. Mais, le problème fondamental, pour nous, c’est, d’abord, la gouvernance électorale. Elle est désuète, il faut la remettre à jour. Il faut que nous organisions des élections désormais crédibles. Voilà, c’est de ça que nous avons parlé.
S’agissant du débat constitutionnel, notre position est bien connue: nous ne faisons pas de déclaration au lance-pierres; nous faisons des déclarations réfléchies. Nous pensons que la Constitution, telle qu’elle est là, la changer, de fond en comble, il n’y a pas d’instruments juridiques qui permettent de le faire. Mais, à l’intérieur de cette Constitution, il y a des éléments qui permettent à la Constitution d’évoluer. Nous le faisons sans nous braquer contre quelqu’un, sans souhaiter le départ de quelqu’un. C’est pour le respect de la vie de la Nation, et du futur de la Nation».

Germain Loubota, président du Coserco (Conseil supérieur des Eglises de réveil du Congo):
«Il y a un débat qui se passe dans le pays sur le changement ou non de la Constitution. Bref, pour essayer de lui donner un nouveau texte qui va régir la Nation, dans les jours à venir. Nous savons que, sur cette question, ce sont les politiques qui regardent, discutent et décident de la question. Et nous, notre apport, en tant que confession religieuse, c’est de dire que dans cette affaire-là, parce qu’il s’agit quand même d’élire, demain, des autorités qui vont diriger la Nation, c’est une question aussi qui est de Dieu, voyez-vous, puisque toute autorité vient de Dieu.
Donc, il faut que Dieu s’invite aussi dans ce débat, pour que nous puissions inviter le chef de l’Etat et tous ceux qui discutent autour, aussi de regarder à Dieu. Nous avons donné un conseil adéquat, qui ne nous appartient pas de livrer, ici, mais de dire que nous avons besoin de prier, tous ensemble, pour que les décisions que le chef de l’Etat prendra, à l’issue de ces consultations-là, puissent être quelque chose, une décision qui préserve la paix, la Nation et qui permettent au Congo de vivre au-delà».

Helaut Belaud Bellard, président de la C.s.t.c (Confédération syndicale des travailleurs du Congo):
«Vous savez que la vertu première de tout syndicat responsable, c’est le dialogue, c’est notre pain quotidien, ce que nous faisons, tous les jours, dans les entreprises, fussent-elles administratives ou sectorielles, nous ne faisons que le dialogue. Même avec l’employeur, Etat, nous prônons le dialogue comme vertu essentielle de nos actions. Nous avons dit au chef de l’Etat que le dialogue ne suffit pas. Le dialogue peut être mis à mal, si seulement on ne prend pas en ligne de compte les problèmes des travailleurs. Nous lui avons parlé, par exemple, du relevé du point d’indice à 300, nous lui avons parlé pas mal de problèmes qui concernent le monde du travail».

Prince Richard Ntsana, président du R.u.n.r:
«Nous sommes pour le changement de la Constitution, pour plusieurs raisons. Je crois qu’on ne peut pas les évoquer toutes, ici. Nous avons dit au chef de l’Etat que nous étions pour un dialogue politique inclusif. Parce que, dans notre pays, le dialogue, c’est l’expression qui nous a toujours permis de résoudre nos problèmes, dans la paix. Le dialogue n’est pas une innovation, puisque si vous vous rappelez que les fois dernières, nous étions à Ewo et à Dolisie, à la recherche toujours des solutions, parce qu’il y a divergence de points de vues. Justement, le dialogue est, donc, le principe qui permet aux compatriotes de discuter, d’échanger et de se communiquer, pour trouver des solutions».

Pascal-Azad DOKO

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