Débat sur la Constitution : Si le dialogue ne crée pas un consensus, le président Sassou-Nguesso envisage le référendum

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Au terme de son séjour officiel à Bruxelles (Belgique) où il a participé à la conférence internationale de haut niveau pour la lutte contre l’épidémie d’Ebola, mardi 3 mars 2015, le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a donné une conférence de presse, à l’hôtel même où il était logé, au cours de laquelle il a abordé plusieurs sujets, comme la lutte contre Ebola et contre le mouvement terroriste Boko Haram, la médiation  en Centrafrique et le débat sur la Constitution.

A propos de ce dernier point, il pense que «si les différentes parties ne trouvaient pas de consensus, par le dialogue, le peuple sera consulté par référendum».

En réalité, le président de la République n’a pas fait évoluer sa position déjà exprimée dans son message de vœux de nouvel an, le 31 décembre 2014. «Il est évident que les affaires des Congolais sont et seront réglées par les Congolais, eux-mêmes, de préférence par le dialogue. Et, si des divergences persistent entre responsables politiques, seul le peuple souverain sera appelé à trancher, par le vote. Il ne saurait en être autrement», avait-il dit.
Depuis, la majorité de la classe politique et de la société civile appelle à la tenue du dialogue. Certains partis de l’opposition ont même exigé que ce dialogue se tienne, au cours de ce mois de mars 2015. Les divergences se manifestent, cependant, sur l’ordre du jour de ce dialogue. Après avoir opté pour le changement de la Constitution, le principal parti de la majorité présidentielle, le P.c.t (Parti congolais du travail), souhaite mettre sur la table du dialogue, la question constitutionnelle. De nombreuses organisations de la société civile souhaitent également, que toutes les questions en débat (gouvernance électorale et Constitution) soient vues, au cours de ce dialogue.
Le président du C.n.r (Opposition républicaine), Frédéric Bintsamou pense même qu’on doit aller au dialogue sans condition. Mais, les partis d’opposition, tout comme le M.c.d.d.i, écartent de l’ordre du jour du dialogue national, le débat sur la Constitution qui, à leurs yeux, n’a pas sa raison d’être. Pour eux, le dialogue doit seulement porter sur la gouvernance électorale.
Quoiqu’il en soit, le débat sur la Constitution a créé une psychose dans le pays. Pendant ce temps, le gouvernement ne donne aucun signe de la tenue de ce dialogue tant attendu. A sa conférence de presse, à Bruxelles, le président Denis Sassou-Nguesso a réaffirmé sa position: «Le débat (sur la Constitution) est engagé au Congo, afin de faire évoluer des institutions issues des guerres civiles des années 90. J’ai invité toutes les forces politiques à s’impliquer dans ce débat, pour permettre au Congo de relever, dans les prochaines années, le défi de l’émergence. J’ai aussi dit, à plusieurs reprises, que si les différentes parties ne trouvaient pas de consensus par le dialogue, le peuple sera consulté par référendum».
Seulement, le temps passe et on ne voit rien pointer à l’horizon, en ce qui concerne le fameux dialogue. Cette année, le gouvernement a un agenda chargé, avec la tenue des Jeux africains, en septembre prochain, l’organisation du Fespam (Festival panafricain de musique), et le déroulement de la fête de l’indépendance, à Ouesso, c  onsécutif à la municipalisation accélérée de la Sangha, alors que des chantiers restent inachevés, dans le Pool, les Plateaux, etc. C’est dans ce contexte qu’il faut loger le dialogue national dont les contours ne sont pas encore définis. L’incertitude du lendemain et la chute du prix du baril de pétrole dictent des comportements préventifs de survie aux gestionnaires de l’Etat, qui ont, malheureusement, comme effets pervers d’affecter le fonctionnement des structures publiques. On a l’impression que l’Etat s’est arrêté de fonctionner, particulièrement sur le plan financier, et cela angoisse.
Signalons que la presse occidentale a voulu aussi savoir si le président Sassou-Nguesso sera candidat, en 2016. Pour l’instant, cette question n’est pas à l’ordre du jour. «C’est le débat (sur la Constitution) qui doit prévaloir et non pas celui des candidatures», a-t-il dit. Mais, a-t-il poursuivi, si telle est la volonté des Congolais, pourquoi pas! «Si telle est la volonté des Congolais, oui, mais ce ne sera pas la mienne».

Joël NSONI

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