Coraf (Congolaise de raffinage) : Le contrat avec Philia S.a n’a rien de malversations financières

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Radio-France internationale, le quotidien français «Le Monde» et d’autres sites Internet ont relayé, avec fracas, un article de l’hebdomadaire suisse, «Le Matin dimanche» du 1er mars 2015. Celui-ci «révèle» un contrat signé entre la Coraf (Congolaise de raffinage) et la société suisse, Philia S.a, au terme duquel cette société vend du «pétrole raffiné» au profit de la Coraf.

Sauf que l’hebdomadaire suisse, s’inscrivant dans le droit chemin de la cabale menée par les médias occidentaux contre le pouvoir de Brazzaville, a vu, dans ce contrat, l’ombre de quelques malversations financières. Du côté de la Coraf, ce contrat est tout à fait normal et il permet à la raffinerie congolaise de gagner, enfin, de l’argent, après plusieurs années où elle a survécu, grâce aux subventions de l’Etat.
L’article de l’hebdomadaire suisse, autant de fois relayé sur la toile, a ceci de particulier qu’il se livre volontiers aux commentaires insinuants, qui diluent les faits dans un amalgame inouï. Pourtant, selon les sources proches de la Coraf, ce contrat a été signé, à l’issue d’un constat amer: «De tout temps, explique cette source, la Congolaise de raffinage (Coraf) vendait son fuel lourd (résidus du pétrole raffiné) par voie d’appels d’offre. Mais, ces ventes ne généraient nullement de bénéfices, parce que les prix proposés par les différents soumissionnaires étaient très bas». La société congolaise a signé le contrat avec la société Philia S.a, pour corriger ce déficit chronique, en évitant le piège de la vente à perte perpétuelle, non pas des produits raffinés, comme cité dans l’article, mais des résidus du pétrole raffiné. Et, depuis la signature de ce contrat, il y a deux ans, explique notre source, Philia S.a «reverse à la Coraf un peu plus de 50% de la plus-value sur la vente» du produit à l’international. Il est à souligner que ce contrat a permis, entre autres, à la Coraf, d’améliorer ses recettes et combler le déficit créé par l’arrêt des subventions de l’Etat congolais.
Il convient de rappeler, à ce sujet, que, sous la pression de ses partenaires financiers internationaux (F.m.i et Banque mondiale, notamment), le gouvernement congolais avait résolu d’arrêter de subventionner la Coraf. Ce qui, par conséquent, a obligé cette société publique à rechercher des solutions, pour assurer son autonomie financière. Grâce, entre autres, à la vente rentable de ses déchets (fuel lourd), la Coraf a commencé par dégager des bénéfices dans ses opérations de ventes, indique-t-on, du côté de la raffinerie, où l’un des directeurs assure que les comptes de la société sont publics et peuvent faire l’objet de vérification.
Selon une autre source proche des milieux pétroliers congolais, qui s’étonne du battage médiatique autour du contrat avec Philia S.a, la Coraf n’est pas la seule à avoir signé ce genre de contrat. Ses sœurs du Gabon et du Nigeria ont un même type de contrat avec Philia S.a. A y voir de près, les commentaires guidés contenus dans l’article de l’hebdomadaire suisse, «Le Matin dimanche», reprenant un rapport de l’O.n.g suisse «Déclaration de Berne», n’ont rien à voir avec les faits ainsi restitués. Pourtant, le journal suisse, le très sérieux quotidien français, «Le Monde», et Radio France internationale ont toutes les possibilités de faire le recoupement des faits auprès de la Coraf ou, en tout cas, donner le son de cloche venant de la société congolaise dans cette affaire. Ils se sont contentés d’être la caisse de résonnance de l’O.n.g la «Déclaration de Berne», sans doute, dans le but de froisser l’image du pouvoir de Brazzaville, au moment où le président Denis Sassou-Nguesso était en séjour officiel en Italie et en Belgique.
Ainsi, sans fondement professionnel avéré, l’hebdomadaire suisse a choisi de verser dans des accusations gratuites, affublant le directeur général adjoint de la S.n.p.c, Denis-Christel Sassou-Nguesso, du titre de P.d.g de cette société, alors qu’il n’en est que l’un des adjoints. Pour prouver le caractère partisan et insinué de son article, il cite, sous anonymat, un soi-disant expert de la politique congolaise qui, lui, accuse sans prouver, Denis-Christel Sassou-Nguesso, de constituer un fonds pour préparer la présidentielle de 2016. Rien d’étonnant, peut-être, parce que, quand l’objectif est ailleurs, les principes de base du journalisme sont, malheureusement, relégués au second plan. Il faut, en toute chose, privilégier le professionnalisme.

Cyril BAKANAWA

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