XVème sommet de l’O.i.f à Dakar (Sénégal) : La désignation, par consensus, de Michaelle Jean a laissé des traces

Note utilisateur:  / 3
MauvaisTrès bien 

Les rideaux sont tombés, dimanche 30 novembre dernier, sur le XVème sommet de l’O.i.f (Organisation internationale de la francophonie), à Dakar (Sénégal), qui s’est tenu sur le thème: «Femmes et jeunes en francophonie: vecteurs de paix, acteurs de développement». Les chefs d’Etat se sont séparés, après avoir désigné, «par consensus et à huis clos»...()

, la Canadienne d’origine haïtienne, Michaelle Jean, comme secrétaire générale de l’O.i.f, succédant ainsi au Sénégalais Abdou Diouf, qui a dirigé, avec maestria, cette institution, pendant douze ans. Mais, la désignation de la nouvelle secrétaire générale a laissé des traces dans la vie de l’institution, d’autant plus qu’elle s’est faite sur fond de tension entre dirigeants, au point que certains ont quitté le sommet, avant même la clôture.

Ancien gouverneure générale du Canada, Michaelle Jean, 57 ans, est la première dame à occuper le poste de secrétaire général de l’O.i.f. A l’issue de sa désignation, elle a eu une pensée pour son illustre prédécesseur: «On ne remplace pas Abdou Diouf, on lui succède», «il faut agir ensemble dans la diversité francophone». En effet, la nouvelle secrétaire générale veut que «la Francophonie soit sur le terrain…» pour être «un outil de développement».
C’est un tournant dans l’histoire de l’institution, tant la candidature de la Canadienne d’origine africaine a été préférée aux candidatures africaines «en rangs dispersés», en dépit de multiples tractations. Pendant deux jours, les chefs d’Etat et de gouvernement de 77 pays ayant le français en partage (57 Etats membres et 20 pays observateurs) se sont attelés à l’examen de certains dossiers tels que les demandes d’adhésion de nouveaux pays, l’adoption d’une déclaration et de résolutions sur plusieurs thématiques, de même que des stratégies «économie» et «jeunesse» pour la Francophonie.
Le chapitre brûlant était, évidemment, l’élection du successeur d’Abdou Diouf. Sur ce point, les chefs d’Etat se sont livrés, le dernier jour du sommet, à des discussions âpres et houleuses. Non contents du sort réservé aux candidatures africaines dont celle du Congolais Henri Lopès, certains chefs d’Etat, en l’occurrence Denis Sassou-Nguesso, Idriss Déby Itno et Alassane Dramane Ouattara, ont quitté la salle de conférence du premier étage du complexe Abdou Diouf où se tenaient les assises. Au terme de nombreux conciliabules, ils ne sont parvenus que difficilement à un consensus, sur le choix du nouveau secrétaire général de l’O.i.f.
Déjà candidat malheureux, en 2002, alors qu’il était proposé deux ans auparavant, à l’unanimité, par les chefs d’Etat, le Congolais Henri Lopès a subi un  second échec. Il y a douze ans, Jacques Chirac a imposé Abdou Diouf. A Dakar, François Hollande a préféré soutenir Michaelle Jean. Le président Denis Sassou-Nguesso a réussi à convaincre le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, à retirer son candidat, Agustin Nze Nfumu. Mais, le candidat Pierre Buyoya, qui s’est présenté sans mandat du président Pierre Nkurunziza, s’est maintenu. C’est dans ces conditions que la Canadienne a été désignée par consensus, dans un climat délétère.
Après douze ans avec, à sa tête, Abdou Diouf, l’O.i.f entre dans une nouvelle ère avec Michaelle Jean, qui prend les rênes de la Francophonie.
C’est le 31 décembre 2014 que le secrétaire général sortant, Abdou Diouf, quittera, officiellement, la tête de l’institution, et le 1er janvier 2015, le nouveau secrétaire général entrera en fonction, pour débuter son mandat. Au nombre des défis qui l’attendent: l’éducation et la formation de la jeunesse, à l’heure du numérique, la Francophonie économique et bien d’autres. De l’avis de certains observateurs, le sommet de Dakar aura laissé des traces indélébiles. L’O.i.f est passée de 77 Etats à 80, avec l’entrée de trois nouveaux. Le prochain sommet se tiendra à Madagascar, en 2016.

Aristide Ghislain NGOUMA

Informations supplémentaires