28 novembre 1958 - 28 novembre 2014 : Il y a 56 ans, la République du Congo était proclamée!

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Il y a 56 ans que notre pays, le Congo-Brazzaville, était porté sur les fonts baptismaux, en tant que République. Une proclamation obtenue dans la douleur, le 28 novembre 1958, à Pointe-Noire, et codifiée dans la délibération n°112/58 de l’assemblée territoriale du Moyen-Congo érigeant le territoire du Moyen-Congo en Etat membre de la Communauté française et portant création de la République du Congo.

La cérémonie commémorative de cette journée de la République, célébrée depuis 2010, aura lieu, vendredi 28 novembre 2014, au palais du peuple, à Brazzaville, sous le patronage du président de la République, Denis Sassou-Nguesso.

Le territoire du Moyen-Congo, sous colonisation française, est devenu République, le 28 novembre 1958, deux mois après le référendum constitutionnel du 28 septembre 1958, où le Congo s’était illustré, à une écrasante majorité (99%), pour le «oui» en faveur de la Communauté proposée par le président français, le général Charles De Gaulle. A Brazzaville, par exemple, à peine 597 voix s’étaient exprimées en faveur de l’indépendance immédiate, sur plus de 38.000 votants.
L’évolution au sein de la Communauté qui lie la France à ses territoires coloniaux, a permis d’aller vers la République qui est proclamée par l’assemblée territoriale (au complet de ses membres), le 28 novembre 1958, au cours d’une séance, à Pointe-Noire, alors capitale du Moyen-Congo, Brazzaville étant la capitale fédérale de l’A.e.f (Afrique équatoriale française). «En vertu des pouvoirs donnés à notre assemblée par l’article 76 de la Constitution française, j’ai l’honneur de proclamer que le territoire du Moyen-Congo manifeste sa volonté de devenir un Etat membre de la Communauté. Cet Etat autonome prend le nom de République du Congo». C’est Christian Jayle, président de l’assemblée territoriale, qui fait cette proclamation, en présence du gouverneur Paul Charles Deriaud, qui prononce une allocution, au nom du gouvernement français, pour reconnaître cette proclamation. «Le territoire jouit, désormais, de l’autonomie interne complète et il vous appartient, en conséquence, de définir la structure que vous entendez donner à vos nouvelles institutions quant à la composition, au mode de désignation et aux compétences des pouvoirs législatifs et exécutifs, afin d’exercer, librement et démocratiquement, la gestion des propres affaires de l’Etat du Congo», déclare-t-il.
Le même jour, dans l’après-midi, l’assemblée territoriale devient l’assemblée législative, mais au moment d’élire le premier ministre, des incidents éclatent. Ce sont les premiers soubresauts de la vie politique congolaise. Seul candidat, l’abbé Fulbert Youlou, président de l’U.d.d.i.a, est élu à ce poste, par les 23 députés de son parti qui constitue la majorité, alors que les 22 députés du M.s.a (Mouvement socialiste africain) boycottent la séance.
L’assemblée législative adopte, par la suite, la «loi constitutionnelle n°1 du 28 novembre 1958 portant organisation des pouvoirs de la République du Congo» et la «loi constitutionnelle n°2 du 28 novembre 1958 fixant, provisoirement, à Brazzaville, le siège de l’assemblée législative et du gouvernement provisoire de la République du Congo» qui sont, immédiatement, promulguées par le nouveau premier ministre. Le 21 novembre 1959, l’abbé Fulbert Youlou est investi, par l’assemblée nationale, comme président de la République du Congo. Le 15 août 1960, la République du Congo accède à la souveraineté nationale, en proclamant son indépendance de la métropole française. Il pose sa demande comme Etat membre de l’Onu (Organisation des Nations unies). Sa population est d’à peine un million d’habitants. La même année, Jacques Opangault est nommé vice-président de la République, pour calmer les tensions entre les militants du M.s.a et ceux de l’U.d.d.i.a.
Depuis sa fondation, la République du Congo a connu plusieurs régimes: le multipartisme (1958-1963); le parti unique, d’abord avec le M.n.r (Mouvement national de la révolution), sous le président Alphonse Massamba-Débat (1963-1968), sous l’idéologie du socialisme bantou, puis avec le P.c.t (Parti congolais du travail), avec le président Marien Ngouabi (1969-1977) sous l’idéologie du marxisme-léninisme et avec le président Denis Sassou Nguesso (1979-1992), après un intermède du Comité militaire du parti, dirigé par le général Jacques-Joachim Yhombi-Opango (mars 1978-février 1979); le multipartisme, à partir de 1991.
Le pays a porté le nom de République Populaire du Congo, de 1969 à 1991, période qui correspond au régime de parti unique lié au P.c.t. C’est à la Conférence nationale souveraine (février-juin 1991) qu’elle retrouve les symboles instaurés à l’indépendance, en redevenant République du Congo.