Mission du F.m.i au Congo : Un rééquilibrage budgétaire s’impose, pour préserver la stabilité macroéconomique

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Une mission du F.m.i (Fonds monétaire international) a séjourné à Brazzaville, du 11 au 19 novembre 2014, pour passer en revue l’évolution récente de la situation macroéconomique et les perspectives à court terme, traiter de la loi  de finances rectificative de 2014 et du projet de loi des finances pour 2015.

Conduite par Mme Dalia S. Hakura, du service Afrique du F.m.i et composée de cinq membres, la mission a eu des séances de travail avec des autorités nationales, notamment le ministre d’État Gilbert Ondongo, ministre de l’économie, des finances, du plan, du portefeuille public et de l’intégration, le ministre à la présidence de la République, chargé de l’aménagement du territoire et de la délégation générale aux grands travaux, Jean-Jacques Bouya, le conseiller spécial du président de la République, Marie Auguste Denis Gokana, le ministre délégué, chargé du plan et de l’intégration, Léon-Raphaël Mokoko, le directeur national de la B.e.a.c, Cédric Ondaye Ebauh. Au terme de la mission, Mme Dalia S. Hakura a donné une conférence au cour de laquelle, elle a présenté le rapport du Fmi 2014 sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne et les performances économiques de la République du Congo, dans la salle polyvalente, au siège de la direction nationale de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), à Brazzaville, mardi 18 novembre 2014. C’était en présence de Gilbert Bopounza, premier adjoint au directeur national de la B.e.a.c.

«Les résultats macroéconomiques ont été globalement satisfaisants, jusqu’à présent, en 2014. La croissance, pour l’année, est projetée à 6%, grâce au léger rebond de la production pétrolière, auquel s’ajoutera une solide croissance hors-pétrole, elle-même principalement attribuable à l’augmentation des dépenses publiques en infrastructures. L’inflation, en glissement annuel, a poursuivi son ralentissement et le niveau global des prix, en juin 2014, était pratiquement inchangé, par rapport à ce qu’il était un an auparavant, principalement en raison du repli des prix des produits alimentaires.
La mission note que le budget rectificatif de 2014, récemment approuvé, prévoit un niveau élevé de dépenses, principalement lié à l’organisation des Jeux africains, en septembre 2015. Ce niveau de dépenses suppose un écart par rapport à la règle budgétaire que les autorités avaient adoptée, en 2013. S’il est entièrement exécuté, le budget aura pour effet de creuser sensiblement le déficit primaire hors-pétrole et de réduire l’épargne budgétaire, en 2014.
Vu la durée de vie résiduelle limitée des réserves pétrolières, l’actuel repli des cours internationaux rend d’autant plus urgent le retour à un sentier de rééquilibrage budgétaire, à compter de 2015, tout en donnant plus d’efficience aux dépenses publiques. A cet égard, l’adoption rapide d’une cible visant une  réduction du déficit primaire hors-pétrole limitant également la croissance des dépenses publiques dans une proportion supérieure à celle envisagée dans le budget de 2015 contribuerait à préserver les marges de manœuvre budgétaire et extérieure et à atténuer les risques pesant sur la stabilité macroéconomique, à moyen terme. Dans un contexte d’augmentation de la production pétrolière mondiale, la République du Congo doit faire face à une conjoncture internationale incertaine. Les cours du pétrole sont soumis à des risques baissiers, du fait de l’affaiblissement des perspectives économiques mondiales, et notamment du ralentissement de la croissance en Chine.
Pour le budget de 2015, les autorités devraient examiner les possibilités d’un ajustement budgétaire plus important, tout en préservant les dépenses sociales ciblées et les dépenses en capital propices à la croissance. La mission salue l’intention des autorités de donner un ordre de priorité à l’achèvement des projets d’infrastructures de base, tout en prenant, par ailleurs, des mesures, pour entamer le programme de transferts monétaires conditionnels. Elle encourage, en outre, les autorités à donner suite aux recommandations de la revue de la gestion des dépenses publiques et de la responsabilisation financière engagée par la Banque mondiale et d’autres partenaires au développement. Ces recommandations devraient aider à définir les réformes nécessaires pour renforcer l’exécution budgétaire, les passations de marché et les processus de décaissement.
Les autorités devraient poursuivre les réformes structurelles en cours, pour promouvoir une croissance inclusive dans les secteurs non pétroliers. La mission salue l’attention particulière que les autorités accordent dans le court terme à assurer une fourniture en eau pour tous et elle les encourage à poursuivre leurs efforts d’amélioration du climat des affaires, lequel reste l’un des plus difficiles en Afrique subsaharienne. Ces réformes seront importantes pour libérer le potentiel du secteur privé de la République du Congo.
La mission prend note de la détermination continue des autorités à mener une politique prudente d’endettement. Com-pte tenu des récentes augmentations de la dette extérieure, qui représente, désormais, environ 30% du Produit intérieur brut, le maintien du recours aux emprunts concessionnels contribuera à entretenir la viabilité de l’endettement à long terme et à préserver les acquis durement gagnés de l’allègement accordé en 2010, au titre de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (P.p.t.e) et de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (I.a.d.m).
L’exécution de la politique macroéconomique et du programme de réformes structurelles de la République du Congo gagnerait aussi à présenter une plus grande transparence. Les longs retards dans la disponibilité de données nuisent à l’évaluation en temps opportun de l’orientation de la politique macroéconomique. A cet égard, la mission salue les efforts consentis par les autorités pour renforcer l’Institut national de la statistique au moyen de l’élaboration d’un plan d’action national en matière statistique, avec l’assistance technique du F.m.i».
Signalons que cette conférence a regroupé des représentants des administrations publiques, des corps constitués, des partenaires au développement, des responsables du secteur privé et des organisations de la société civile.

Propos recueillis par
Philippe BANZ

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