Burkina Faso : Le lieutenant-colonel Zida nommé premier ministre, à la surprise de tous!

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Il est sorti par la grande porte, pour revenir au pouvoir par la fenêtre. L’image est celle d’un observateur de la vie politique burkinabé. En effet, l’on croyait qu’en remettant le pouvoir aux civils, avec la désignation de Michel Kafando comme chef d’Etat de transition, l’homme fort du Burkina Faso, le colonel Yacouba Issac Zida, qui a dirigé, dans la rigueur, l’après Compaoré (trois semaines environ), se retirait de la scène politique.

Erreur! Plus que jamais, il a montré sa détermination à garder la haute main militaire, sur les affaires politiques, en se faisant nommer, mercredi 19 novembre dernier, par le chef d’Etat de transition, comme premier ministre du gouvernement de transition.

La nomination du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, ancien numéro deux du régiment de sécurité présidentielle de Blaise Compaoré, chef d’Etat autoproclamé et désigné par l’armée après la chute, sous la pression populaire, de l’ancien président, au poste de premier ministre de transition, a constitué une douche froide, chez de nombreux Burkinabés, obligés de faire avec. Mais, l’opinion nationale est contrainte à la résignation. Il faut, seulement, le voir à l’œuvre. Comme il l’a clamé, lui-même. «J’en appelle à l’ensemble de la communauté nationale (et) internationale (...) à nous accompagner sans a priori, pour gagner le challenge d’une transition apaisée», a-t-il déclaré, dans son allocution de circonstance, après sa nomination. Il a promis «œuvrer en toute humilité et dans un engagement sacerdotal et patriotique, à redonner confiance à notre peuple», par «l’ardeur au travail», le «don de soi» et l’absence de «calcul égoïste du gouvernement». Et il a promis proclamer les vingt-cinq membres du gouvernement de transition, 72 heures après sa nomination.
Ayant été l’homme fort du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Zida ne va-t-il pas faire ombrage au président de transition, Michel Kafando? Ce dernier est, plutôt, lui-même, reconnaissant à l’armée. «Notre armée a joué un rôle essentiel dans la stabilisation que nous connaissons, actuellement. (…) Moi, je dis que l’armée doit avoir sa place dans le gouvernement que nous aurons à mettre en place, à partir de demain», a déclaré  Michel Kafando, à la presse. Pourtant, à Ouagadougou, certains redoutent que le vrai pouvoir ne soit entre les mains de l’armée, le civil placé à la tête du pays ne servant que de faire-valoir, pour contenter la communauté internationale. Il est sûr et certain qu’il faut le juger à l’œuvre. Les décisions qu’il a prises, pendant la brève période de pouvoir militaire, comme le limogeage de deux directeurs généraux de sociétés publiques et la dissolution des conseils municipaux et régionaux du pays, ont été bien accueillies au sein de l’opinion nationale.

Joël NSONI

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