Côte d’Ivoire: la quadrature du cercle?

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Laurent Gbagbo donne du fil à retordre à son pays et à la communauté internationale. A cause de lui, la Côte d’Ivoire, locomotive économique de la C.e.d.a.o (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), est empêtrée dans une crise postélectorale qui, en dégénérant en violences armées, comme on peut le constater, déjà, avec les affrontements armés, dans certaines localités, va mettre ce pays à genoux, plongeant sa population dans l’extrême précarité et dans une situation humanitaire désastreuse.

En fait, la communauté internationale, qui a reconnu la victoire d’Alassane Dramane Ouattara, va se retrouver devant ce qu’elle a bien voulu éviter. Comme on le sait, la solution militaire a été écartée, pour évincer Laurent Gbagbo du pouvoir qu’il s’est résolu à confisquer. Tout le monde est unanime à reconnaître que la solution militaire risque d’être extrêmement coûteuse, en termes de pertes en vies humaines. En dehors des sanctions à caractère économique et financier, et le gel des avoirs du président sortant et de ses proches dans les pays occidentaux, il faut, donc, continuer avec les négociations, en persuadant Gbagbo que c’est dans son intérêt de remettre, pacifiquement, le pouvoir à celui qui a été proclamé élu par la commission électorale indépendante. Or, la voie de la négociation ne produit rien de concret.

En effet, malgré les sanctions financières, négocier fait l’affaire de l’actuel occupant du palais du plateau, à Abidjan. Non seulement il gagne du temps, mais encore il s’ingénie à mettre en place, grâce aux soutiens multiples mais discrets qui lui sont fournis, des mécanismes qui lui permettent de contourner les sanctions prises à l’encontre de son régime illégitime.

Mais, la menace la plus grave est toute autre. Il est, maintenant, clair que la crise postélectorale ivoirienne risque de dégénérer en une effroyable guerre civile qui fera encore plus de victimes parmi les Ivoiriens, si l’on n’y prend  garde. Bref, la précaution prise d’éviter la voie militaire, parce que celle-ci comporte de sérieux risques de pertes en vies humaines, pourrait, au contraire, entraîner la Côte d’Ivoire dans une situation encore plus épouvantable: la guerre civile.

C’est la quadrature du cercle pour la communauté internationale sur le cas ivoirien: intervenir militairement, c’est courir le risque de provoquer des morts parmi les civils et cela, personne ne veut en prendre la responsabilité; ne pas intervenir militairement, c’est abandonner la Côte d’Ivoire dans une guerre civile qui fera encore plus de victimes et de dégâts. Car, tant que Gbagbo n’acceptera pas de donner les rênes du pouvoir à celui qui a été élu, les Ivoiriens seront exposés au pire. Que faire?

La communauté internationale croit vouloir se faire bonne conscience que dans le deuxième cas de figure, la guerre civile, elle n’est responsable de rien du tout. Que nenni! Sa responsabilité est totale. Car, reconnaître un président élu qu’on est incapable d’installer au pouvoir, c’est courir le risque de plonger un pays dans le chaos. S’il en était ainsi, mieux aurait été de ne pas reconnaître l’élu et laisser prévaloir le statut quo. Cela aurait été moins coûteux en termes de pertes en vies humaines. Or, on a reconnu un président élu, il faut l’aider à s’installer au pouvoir, car seul, il ne le peut pas, face à un adversaire devenu cynique, s’étant écarté de la logique démocratique dont il s’est prévalu pour arriver, lui-même, au pouvoir.

Pour Kadhafi, le conseil de sécurité des Nations unies est allé très vite à prendre des sanctions contre lui. En Côte d’Ivoire, l’on compte, aussi, des morts. Pourquoi ne pas envisager la même fermeté, pour préserver les vies humaines?

Joachim MBANZA

 

 

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