Un scrutin qui fait l’unanimité par son organisation et sa transparence

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Un scrutin qui fait l’unanimité par son organisation et sa transparence Le scrutin relatif au renouvellement partiel du sénat s’est, finalement, révélé comme étant un rendez-vous électoral d’un enjeu important. Au début, l’opinion nationale n’y prêtait pas attention. Aujourd’hui, on en parle comme d’élections exemplaires, depuis la fin du cycle des guerres fratricides que le pays a connu.
Parmi les premières leçons qu’il faut en tirer, c’est l’unanimité sur son bon déroulement et la transparence de sa tenue. Les réactions sont, en effet, unanimes, à l’opposition comme à la majorité, pour reconnaître que le vote s’est tenu d’une manière transparente, depuis les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats, en passant par le comptage, le classement et l’affichage des résultats dans les bureaux de vote. Il faut dire que le président de la Conel, Henri Bouka, avait attiré l’attention des agents responsables des bureaux de vote sur «le respect de la loi et de la vérité des urnes». Le bénéfice en est la reconnaissance des résultats par tous les acteurs impliqués. Quoiqu’étant un scrutin indirect, avec un corps électoral bien limité, on peut, tout de même, se féliciter de la volonté de bien faire et de l’esprit d’équité manifestés par les organisateurs. Avec cet exemple, on peut être amené à croire que même les grands changements peuvent arriver, pacifiquement, par les urnes. L’essentiel est que la paix, la démocratie et l’unité nationale soient sauves.

 

La deuxième leçon qu’on pourrait en tirer, c’est la lecture de la carte politique que dessine ce scrutin.
Au regard des résultats, on peut dire qu’il y a eu, manifestement, du côté de la plupart des grands électeurs, une volonté de voter selon «sa conscience». En effet, si les consignes politiques étaient respectées à la lettre, il est sûr et certain qu’on n’aurait pas eu ces résultats (voire notre précédente édition). Le bulletin de vote, véritable pouvoir entre les mains du souverain primaire, est de nature à déjouer les calculs et les projections qui se font dans les officines politiques. Si l’opposition républicaine, celle qui participe à la vie institutionnelle nationale (parlement, conseil départementaux, etc.), a réussi à tirer son épingle du jeu, avec un total de trois sénateurs élus, alors qu’elle est très minoritaire dans le corps électoral, la majorité a du souci à se faire quant à sa cohésion. Le P.c.t, qui a repris, à son compte, le projet du R.m.p de se muer en un grand parti de la majorité, a fait cavalier seul, dans les départements du Nord (Cuvette et Sangha) où il a tout raflé, mais dans les départements méridionaux (Brazzaville, Bouenza, Kouilou et Pointe-Noire), il ne doit sa survie qu’à des alliés et des indépendants. Sur le plan électoral, ses candidats ne prennent pas le risque d’afficher leur appartenance au parti, pour ne pas rater une seule voix de leur potentiel électoral. Pour une majorité qui entend sauvegarder ses acquis, c’est une préoccupation qui devrait être sérieusement prise en compte, à l’heure où les esprits sont terriblement marqués par le printemps arabe. A la lumière de ces résultats, il ne serait pas superflu de penser que l’idée de transformer le R.m.p en un grand parti, comme le stipule l’un de ses objectifs, est plus que jamais pertinente. Enfin, ce n’est qu’une analyse de simple observateur! On verra quelles leçons les leaders de la majorité, eux-mêmes, vont tirer des résultats des élections sénatoriales partielles.
Quoiqu’il en soit, celles-ci viennent de sonner le glas que rien ne sera plus comme avant, en matière électorale au Congo. L’enjeu sera, de plus en plus, de convaincre le souverain primaire, de manière démocratique, si l’on veut gagner. Tout le reste n’est que folklore de convenance. Car, rien ne peut remplacer le bulletin de vote dans l’urne, dès lors que les conditions démocratiques du vote sont réunies.

Joachim MBANZA