Il est là !

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Le titre de cet éditorial était écrit d’avance, dès lors que nous soulignions la semaine passée que le coronavirus approchait. Et qu’il était peut-être même au Congo au moment où nous l’écrivions. Ça y est : le virus a débarqué, il est parmi nous. Le Gouvernement l’a officiellement admis, et la ministre de la Santé tente depuis le 15 mars de nous rassurer.

 

Il ne s’agit pas de paniquer, encore une fois. La personne infectée est, nous dit-on, prise en charge par les services sanitaires du pays. Son état serait stable. Beaucoup de questions se posent, bien entendu, mais je pense que les informations en provenance des autres pays touchés, nous renseignent assez sur les mesures collectives ou individuelles à prendre.
Il nous faut nous laver fréquemment les mains, éternuer ou tousser dans le creux du coude, ne pas se saluer en se touchant par la main, limiter les effusions. Et ne pas douter de la présence de la maladie parmi nous, ni rire de ces quelques (trop) rares chauffeurs de taxi qui portent le masque hygiénique. A l’étape où nous en sommes, le virus n’est plus à accueillir avec les quolibets du Congolais rigolard de toujours.
Mais il nous faut également appeler les autorités sanitaires à faire plus. L’intervention de la ministre l’autre jour à la télévision a été tout sauf rassurante. Répéter que notre premier cas est un cas d’importation, alors que nous parlons d’un virus surgi en Chine, c’est ajouter à la confusion. Que notre cas soit d’importation ne nous protège de rien, puisqu’il n’y a pas de cas locaux par définition.
Cette maladie est bouleversante ; elle renverse les schémas classiques sur la propagation des maladies. L’Afrique n’exporte plus les pandémies ; elle est incitée à ériger des barrières, elle qui a souvent à faire aux barrières des autres, pour s’en prémunir. Mais cette maladie doit surtout inciter à changer nos mentalités sur l’hygiène, sur les services de santé, sur la relation à nos soignants…
Le coronavirus va passer. Il nous faut préparer son éradication ou son innocuité en nous convainquant de notre rôle de transmetteur si nous ne faisons rien. Se mettre à tirer à boulet rouge sur les gouvernants n’est pas de mise, puisque cette maladie se transmet de personne à personne. Quel que soit son grade.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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