Un nouvel Evêque à Kinkala

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La Conférence épiscopale du Congo, CEC, vient de s’enrichir de nouveau avec la nomination par le Pape François de l’Abbé Ildevert Mathurin Mouanga comme ordinaire de Kinkala. Il y a un peu moins de trois mois, la jeunesse faisait son entrée au sein de cette conférence, avec Mgr Daniel Franck Nzika dont la cérémonie de consécration/installation sur la cathèdre d’Impfondo, a eu lieu dimanche dernier seulement.

 

Un air de jeunesse souffle donc sur la Conférence des Evêques. Une vigueur nouvelle est introduite au sein de l’Eglise qui est au Congo; elle est signe d’une volonté d’aborder avec force et résolution ce 21è siècle avec tous les enjeux et les défis qu’il apporte. Désormais, nos prélats seront en majorité des prêtres d’après les indépendances, pas de la période coloniale.
Ils prennent la tête de diocèses qui on été précipités dans les errements de notre recherche de nous-mêmes aux plans humain, politique, spirituel. Une page va résolument se tourner ; une ère s’achever. Et il n’y a pas diocèse qui ait portémal ces apesanteurs que celui de Kinkala, éventré et mis à genoux par la volonté d’un homme qui se réclame justement de Dieu.
Kinkala a un nouvel Evêque. Mais ce n’est pas cela qui présente l’avenir comme moins hasardeux. D’autant que son prédécesseur, venu là véritablement par esprit d’obéissance, en a littéralement «bavé», subissant au propre comme au figuré les violences qui se sont déchaînées dans le Pool sans espoir apparent de les éteindre. Or, on y est parvenu. Que des flammèches se voient ici et là ne doit pas masquer la volonté exprimée par tous d’accueillir la paix.
Un nouvel Evêque à Kinkala, oui, mais sa nouveauté sera tout autant «interrogeable» à l’aune du gros défi de la paix qu’il devra affronter. Il le reconnait d’ailleurs lui-même dans l’interview qu’il nous accorde en page 9. Il se sait attendu au tournant de tout ce qu’il y a à relever: les institutions, les infrastructures, les mémoires cabossées, la spiritualité mise à mal, la coexistence entre générations lacérée.
Ceci dit, rappelons une évidence: Kinkala c’est le Congo. Rien de ce que cette portion du Congo voudra faire, en Eglise ou comme Nation, ne devra incomber à lui seul. Nous sommes une étendue de 342.000 Km², un peuple de 5 millions d’âmes, une histoire qui n’a jamais fait de bien à quelques-uns seuls quand quelques autres avaient mal.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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