Vers le Congrès !

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A lire les dépêches, la préparation du 5è Congrès ordinaire du Parti congolais du Travail se passe bien. Dans les départements, les comités s’expriment et disent leur satisfaction de ce qui a été accompli depuis le dernier congrès. Ils disent leur contentement sur la situation présente et des efforts de participation que l’ancien parti unique y a pris. Le PCT dans les départements affiche la mine réjouie de ceux qui ont bien travaillé. On se bouscule pour faire partie de la délégation qui viendra au congrès.


Qu’un parti politique prépare avec enthousiasme son congrès est chose normale. Qu’il applaudisse des deux mains le travail qu’il a accompli au sommet de l’Etat, est tout à fait légitime : aucun parti n’a été fondé pour se contenter de l’échec, toujours. Aucun ne viendrait vanter la médiocrité (sauf celle des autres), c’est un exercice entendu aussi. Le Parti congolais du Travail a été fondé dans un contexte, en 1969. Il représente la plus vieille formation politique de notre pays, le n’kolo mboka. Et de ce fait, son expérience est un atout.
Sauf que cela invite aussi à scruter son comportement plutôt deux fois qu’une seule. Il est pour tous les autres partis le modèle à suivre, ou la cible à battre. Ses amis et alliés exaltent son action ; ses adversaires tirent à boulets rouges sur chacune de ses actions, quitte à exagérer ses insuffisances. Ou à donner tellement de la voix, que les consciences s’en trouvent bouchées, et que les oreilles des autres arrivent vite à saturation, au point de perdre tout esprit critique.
Ou de ne le conserver que juste le minimum syndical requis, ou le minimum de temps possible. Au cours de ces dernières années, le PCT a donné l’image d’un comateux se réveillant par intermittence, le temps d’un moment lucidité pour reconnaître qu’il est largement comptable de la situation où se trouve le pays. Les gabegies, la corruption, les prébendes et les prévarications énormes dont souffre aujourd’hui notre économie sont le fait du parti qui a occupé tous les rouages de l’Etat ; toutes les fonctions de la grande administration
Il faut dire que nous ne sommes pas encore sortis de la logique du parti unique, quel que soit le nombre des formations politiques qui gesticulent à dire (pas toujours à faire) le contraire. La profusion des moyens mis en œuvre pour couvrir les congrès départementaux du PCT, souvent des moyens audiovisuels d’Etat, donnent à penser que le parti dirige toujours l’Etat. Nous sommes déjà sur la pente du déséquilibre. Parce que nous savons bien que tous les autres partis politiques, qui peinent à exister partout comme la loi leur en fait obligation,  ne pourront pas suivre la cadence.
Si on y ajoute des propos qui suggèrent un véritable début de campagne électorale, alors nous sommes partis vers les contestations à l’infini dont notre pays a le secret pour nourrir ses trop nombreux conflits. Comme toujours, la contestation se fera entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien. Pourtant la course électorale doit s’engager avec les mêmes chances de déroulement, le même esprit de transparence: sinon, ce serait faire courir le marathon entre un enfant de quatre ans, et un adulte vieux du nombre d’années écoulées depuis 1969.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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