Nos ressources

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C’est un nouveau cycle qui s’ouvre. Nous avons eu l’époque de nos usines d’Etat, des sociétés publiques qui produisaient notre huile, nos tissus, nos allumettes… Toutes ont périclité, et pas seulement du fait que les contraintes libérales nous poussaient à gérer les choses autrement. Nous avons largement contribué à les faire couler par notre incroyable faculté à confondre le privé personnel et le public informe lorsqu’on est en face de la caisse.


Nous avons volé, détourné et braconné dans toutes ces unités de production qui auraient pu s’ajouter aujourd’hui aux atouts d’aujourd’hui. Nous ne produisons plus rien de ce que nous consommons, utilisons et employons: le made in Congo est un label en déshérence, comme qui dirait. Une marque qui ne sert plus, tant elle est invisible. Sauf peut-être pour le ciment et le sucre, produits par des sociétés privées.
Nous avons inauguré une usine de fabrication du cuivre la semaine dernière. Boko Songho est venu à la lumière de l’actualité dans tous les sens du terme. Il est venu accrocher un symbole d’espoir à nos atouts du moment, qui continuent toutefois de reposer sur le pétrole et le bois. Boko Songho  sera le symbole de ce que nous pourrons réussir ou non en un moment où nous savons que, plus que jamais, il nous faut regarder à la dépense. Nous montrer plus civiques dans la gestion.
Boko Songho sera terre d’orgueil. Une mine, une usine de transformation de nos minerais : pour la première fois, nous transformons ce que nous extrayons de nos sous-sols. Une première qui s’ajoute à l’autre fierté qui se dégage de notre exploitation en on shore du pétrole du Delta de la Cuvette. Deux orgueils qui en appellent d’autres et méritent que nous nous comportions à leur égard autrement que comme des prédateurs.  Voir ces deux fiertés échouer est un luxe que le pays ne peut se permettre.  
On a parlé de la malédiction du pétrole. Jamais expression n’aura été aussi impropre. Diamant, uranium, cobalt ou or: aucun produit du sous-sol profond ou des abysses maritimes n’a jamais été porteur d’aucune malédiction. C’est ce que nous faisons de l’argent, du pouvoir, du prestige et de la convoitise que suscitent ces ressources qui sont sources de guerre.
C’est l’injuste partage de ces revenus qui est en cause, pas la générosité de Dieu-le-Créateur de toutes choses. Pourvu que nous tirions les leçons, nombreuses et impératives, de la répartition antérieure des autres ressources. Que nous ne poursuivions pas dans la même lancée des égoïsmes de toujours et de l’insouciance. Que nos richesses soient des atouts, pas des handicaps.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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