Mémoire

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Il y a 75 ans, le Débarquement de Normandie ! L’événement est loin de nos mémoires dans le temps mais nous devons dire merci aux médias qui nous le font revivre dans toute sa fraîcheur. Chaque 6 juin, en effet, il nous est rappelé que des milliers de soldats partis de loin: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle Zélande, Afrique et autres débarquèrent en 1945 sur les côtes françaises pour libérer la France et  mettre fin à la barbarie nazie.


Aujourd’hui, nous regardons les événements de la Deuxième Guerre mondiale avec autant d’intérêt que nous regarderions, de notre fauteuil, un bon film d’action. Ces casques qui volent, ces tanks qui flambent, ces grenades qui fusent et cette cohorte de morts ne nous parlent que très peu du prix de la liberté. Cette liberté, nous la considérons comme celle des autres du fait que nous n’y sommes pas mêlés, pensons-nous.
Pourtant la Deuxième Guerre mondiale et, même avant, la Première de 1914-18, sont aussi des événements fondateurs d’une part de notre liberté. Les historiens rappellent que c’est au retour de la guerre, en Europe ou en Indochine, après avoir sauvé «la Mère Patrie», que les premières élites africaines prirent conscience de l’injustice véhiculée par la colonisation. Ils furent les premiers à faire valoir des droits de liberté, car à sacrifice égal dans les tranchées devait correspondre des droits et considérations égaux.
Nos indépendances, réussies ou non, sont donc quelque part filles de ces grandes guerres-là aussi, des tumultes de la première moitié du 20è siècle. Elles sont une conséquence  du grand chambardement que connut le monde à cette époque. Le Débarquement de Normandie, le «D-Day» célébré jeudi, est donc aussi ‘notre affaire’. Ceux qui sont morts sur les divers fronts, sur le Mont Cassin en Italie ou en Normandie en France, blancs ou noirs, nous ont rachetés.
Qu’ils ne soient pas devant les caméras dans la diversité de leurs origines; que nos grands-parents soient morts avec le seul titre d’ «anciens combattants» ne nous exonèrent pas de notre devoir et de notre reconnaissance sans limites. La mort n’est ni blanche, ni noire. Surtout quand elle survient pour redonner de la dignité aux peuples.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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