Invite à muer

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Il se pose à nous désormais le défi de l’intelligence. Tous les signaux qui annoncent notre sortie de l’étape la plus angoissante des négociations avec le FMI, nous mettent aussi en demeure de faire autrement d’ores et déjà. L’accord avec le FMI, c’est de l’argent conditionnel;  ce ne sont pas des vannes qui s’ouvrent, ni forcément un encouragement à poursuivre dans la lancée des habitudes de toujours.


Peut-être plus qu’auparavant, nous sommes tenus à l’œil par les institutions financières internationales et nos partenaires les plus traditionnels. Il nous est arrivé parfois le sentiment que ceux-ci ont été complaisants avec notre manière de gérer les emprunts, ou même de les obtenir, comme s’ils voulaient nous acculer à la faute ! Pétrole gagé ou non, nous sommes désormais tenus de nous engager dans un cycle de désendettement avec des garanties plus solides de sérieux.
Notre dette totale est abyssale, les observateurs perspicaces le savaient. Dans une telle configuration, ce n’est pas nous aider que de nous consentir d’autres engagements qu’à la longue nous aurions été incapables d’honorer. Nous nous sommes endettés, particulièrement envers la Chine, au-delà du raisonnable. Mais, surtout, le FMI affirme que nous avons eu un comportement d’anguille, pour échapper à la découverte de tout ou partie de cette dette.
Notre dette intérieure aussi est importante. Les opérateurs ne voient pas leur jour de délivrance dans cette situation. Ils ont, pour la plupart, livré ce à quoi ils s’étaient engagés, financés sur fonds propres certaines des infrastructures commandées – et même acquitté les 10% de rétrocession de rigueur -, le reste tarde à suivre. Clé sous le paillasson, licenciements massifs, impossibilités d’embaucher : les conséquences sont longues. Il n’est pas sûr que nous rattrapions à brève échéance le taux de croissance perdu. Ni que nous retrouvions au plus vite la vigueur qu’annonçaient les années de miel.
Les règles économiques restent les mêmes : qui emprunte doit rembourser. Qui a de l’argent doit le gérer pour qu’il ne file pas entre les doigts comme du vulgaire sable. Il y va de la vie de toute une Nation. L’intelligence qui nous est demandée est donc celle de faire en sorte que, les règles de gestion restant aussi strictes, nous ne soyons plus les dépensiers de toujours. L’opposition qui le souligne avec force cris aujourd’hui (voir articles ci-contre) semble découvrir l’eau tiède.
Pourtant, d’une manière ou d’une autre, elle aussi a participé aux orgies des temps d’insouciance.

 Albert S. MIANZOUKOUTA

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