Branle-bas de combat

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Dans la classe politique tout indique que la prochaine échéance électorale majeure du pays, la présidentielle, n’est plus très loin. Et que, comme toutes les consultations électorales depuis 1992, les partis politiques vont encore s’adonner aux empoignades habituelles de rigueur. Des engueulades, préludes aux véritables déchaînements d’invectives qui s’annonce sont déjà audibles ici et là.


A l’opposition, des jeux de chaises musicales se font entendre. Posture ou repositionnement, les prises de position de partis moyennement importants sont déjà en marche. Telle formation, suspectée d’entretenir de l’ambiguïté sur sa place sur l’échiquier, remet les pendules à l’heure et rappelle qu’elle appartient bien à ceux qui se démarquent de l’action de la majorité présidentielle. Et de son bilan !
On a pu voir des scènes cocasses d’un bureau exécutif démettant son président et celui-ci réaffirmer qu’il est bien en place et qu’il n’y a pas un autre président-fondateur. Telle formation qui annonce la tenue de son congrès se voit sommer de revoir ses perspectives, car «le» président n’a pas encore sonné la fin de la récréation. Telle autre formation se voit reprocher son trop grand empressement à annoncer son alignement dans la course, alors qu’elle fait partie d’une plateforme qui doit décider de règles et de démarches communes.
Même à la majorité, où le ton semble de plus en plus à l’autocritique frisant l’auto-flagellation (pour ne pas se voir reprocher d’avoir trop complaisamment fermé les yeux sur les années de gabegie qui ont conduit à la crise actuelle ?), le ton est aussi à la logique du «ôte-toi de là que je m’y mette». Du moins dans les sections en périphérie. Chez les jeunes, par exemple. Partout ailleurs on guette le mot d’ordre du chef : si des têtes doivent tomber, elles indiqueront la hauteur d’ajustement des «scuds» destructeurs. Et la longueur des flèches. C’est, comme qui dirait, de bonne guerre.
Mais c’est oublier qu’une personnalité politique est une boussole indicatrice pour des milliers de militants. A faire toujours, comme aux décennies du monopartisme, le choix de la girouette, on finit par décrédibiliser un vote. Alors que viendra fatalement l’heure des cohues contre la préparation, l’organisation et le résultat de ces élections. Cela ajoutera à la pagaille générale. Nous sommes invités à suivre notre propre destin mis en théâtre. Nous y prendrions du plaisir, si c’est du destin de 4 millions de fictifs qu’on parlait !

Albert S. MIANZOUKOUTA