Eclaircie?

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De petits signaux d’éclaircie ici et là indiquent que si le tunnel reste encore long, la sortie n’en est plus impossible. L’économie congolaise ne va pas mieux, non, mais elle donne des signes d’une reprise envisageable. Dette chinoise traitée, négociations avec les traders sur le pétrole, appréciation plus positive du FMI, signaux de plus de sérieux dans les recouvrements de créances par l’Etat, débat public plus affirmé sur la nécessité de lutter contre la gabegie : quelque chose est en mouvement quelque part. Atone, il y a longtemps que notre économie ne s’était pas révélée aussi en possibilités.


Le commun des Congolais ne le voit pas encore, et donc affiche son pessimisme de toujours, qui n’est d’ailleurs pas exagéré. Il sait, et il a raison, que ce n’est pas du jour au lendemain que le marché du travail pavoisera. Que les jeunes se remettront en condition d’espérer. Que les pensions seront assurées de versement régulier à ceux qui n’ont plus qu’elles comme source régulière de revenu. Ils savent aussi notre formidable capacité à brouiller les horizons les plus prometteurs par une gestion de cigale!
Il n’empêche : le versement d’une partie des bourses dûes aux étudiants, par exemple, est fait pour insuffler un peu d’optimisme. Et un peu de répit aux parents fatigués de soutenir des enfants qui n’en sont plus, surtout quand ils ont été envoyés à l’étranger par l’Etat. Leur situation emblématique à Cuba a sorti de torpeur bien des décideurs qui n’avaient peut-être qu’une appréciation velléitaire de la situation. De bons gestes ont été posés, il s’agit de les répéter en temps et en heure et de les consolider.
Les salaires des fonctionnaires, véritable baromètre aussi, sont passés avant le milieu du mois. Rien de tel pour que le Congolais se mette en humeur et retrouve des couleurs. A se sortir des situations d’embarras où le plongent des traitements qui tardent trop : trop de logeurs et d’épiciers en embuscade, faisant semblant de croire que seuls leurs débiteurs seraient épargnés par une situation ambiante difficile. Le Congolais retrouvera le sourire que lui garantit la «tombée» régulière de ce qui lui est dû. Quand les salaires vont, tout va : devise de fonctionnaire !
Pourtant, on le sait, une hirondelle n’a jamais fait le printemps nulle part, pas même sous l’équateur. Et, entre les bons mots du FMI et la concrétisation des accords budgétaires attendus, et même entre ceux-ci et l’assiette du Congolais lambda, il peut encore se passer du temps. Il y a loin de la coupe aux lèvres ; il y a loin des espérances soulevées au panier de la ménagère. Surtout, comme le rappelle furieusement l’Association des consommateurs à Brazzaville et à Pointe-Noire (lire articles en pages 7 et 15), ce que nous sommes censés attendre est déjà plombé par des taxes grignoteuses de pouvoir d’achat!

Albert S. MIANZOUKOUTA

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