Le feu au clocher

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Ce n’était pas à vraiment parler un feu de joie ! L’incendie qui a consumé une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi soir est venu nous réveiller et nous imposer à rechercher des symboles vivifiants dans une période où la chrétienté s’acheminait tout doucement vers la Pâque. Multiséculaire et cœur de la France tout à la fois ; lieu de jonction de l’Histoire des croyants avec les tumultes des sans-Dieu, Notre-Dame qui brûle a arraché une larme à beaucoup, sur place à Paris comme à des milliers de kilomètres au loin. Chez nous.


La Pâque nous rapproche de la souffrance mais nous en sort par la Résurrection du Christ. Le feu à Notre-Dame a fini, très rapidement, à imposer l’idée que la reconstruction, la restauration, vont se faire dans une belle unanimité d’âme. La France fait bloc autour de son joyau, de son patrimoine chrétien, et cela n’est pas banal à un moment où les scandales de pédophilie semblaient condamner irrémédiablement à la vilipende seulement.
La foi est bien le ciment d’une Nation, on le voit. On s’étripe, on se regarde en chiens de faïence, on se suspecte : arrive un temps où on doit s’unir autour de l’essentiel pour sauver ce qui compte. C’est retrouver son humanité, dans laquelle le pétrin de l’Eglise a quand-même modelé la pâte des destins. L’Eglise du Congo a adressé un message de grande solidarité à l’Eglise de France. La Foi des Congolais rappelle à la foi des Français que nous avons ce devoir commun de nous soutenir dans l’épreuve.
Le dire aujourd’hui semble tenir de la seule incantation. Depuis les indépendances, des flots de mots ont été déversés sur la passerelle qui relie la France et le Congo. Certains ont été véhéments, d’autres lénifiants ou hypocrites : l’incendie de la cathédrale de Paris vient réaffirmer qu’il y a du sentiment vrai sous l’écume quand-même. La cathédrale de Paris brûle, nous faisons bien de retrouver le sens de cette solidarité qui n’est pas de façade.
Comme une allégorie, cet incendie vient nous rappeler que l‘Eglise faite de pierres tient aussi par ses fondations. Les trésors de la cathédrale de Paris ont été sauvés. La Croix y a résisté. L’autel aussi: s’il ne fallait que ces symboles, nous dirions que cette Pâque adresse la lumière de l’espérance à tous. Pas seulement aux Français. Pas seulement aux catholiques.
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Albert S. MIANZOUKOUTA

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