Le peuple est-il content?

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Ça bouge en Afrique du Nord et de l’Est, et les secousses telluriques provoquées par la démission des grandes figures de l’histoire africaine ne peuvent pas ne pas interroger. On avait prédit que le «Printemps arabe», terme impropre, allait secouer toute une région Ses effets ne sont pas allés plus loin que la Tunisie où il est né, à vrai dire. Car si l’Egypte de Hosni Moubarak a elle aussi été gagnée par la fièvre du «dégagisme», historiens et commentateurs ont du mal à y trouver les scénarios décrits de la belle encre des prédicteurs.


Ou à vraiment relier les soubresauts actuels d’une Libye à la seule volonté des peuples de rêver de changement. Une petite main innocente – la fameuse main de Maradona! – y a ajouté sa petite touche orientée sans doute, tout autre chose qu’un printemps ou qu’un jasmin. Au point que guerres et déchirements sont le lot d’un pays jadis si déterminant pour la stabilité d’une bonne partie de l’Afrique ! Ici, l’histoire s’écrit encore et nous ne savons pas quel sera le scénario de fin.
Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le redoute ; qu’on l’observe en spectateurs ou qu’on le redoute pour ses imprévisibles effets dominos, le vent qui souffle dans la partie arabe de l’Afrique renseigne sur le renouvellement des cycles. L’Algérie est sur le point de tourner définitivement la page Bouteflika. Le Soudan a emboîté le pas (Lire notre article en page 7), et après s’être longtemps arcbouté à son pouvoir de 20 ans, Omar Hassan al-Bachir s’en va lui aussi. Poussé vers la sortie.
Les enseignements que ces événements nous apportent sont une invite àconstater la sagesse des peuples. N’importe quoi peut faire dérailler les machines les mieux huilées. Au Soudan, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le prix du pain. En Algérie, un mandat de trop. Une première leçon est de souligner qu’on ne peut pas tracer d’avance l’histoire des peuples. Son sentiment de satisfaction de la situation est bien plus fondamental que des statistiques ou des projections. Pour les dirigeants, la question unique devrait donc être : mon peuple est-il content ?

Albert S. MIANZOUKOUTA   

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