Encore des efforts!

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L’équipe du FMI qui a séjourné dans le pays du 6 au 14 novembre, s’en est repartie. Elle n’a pas annoncé la conclusion de l’accord-programme dont désormais tous les Congolais attendent y compris la réparation des nids de poule, mais a laissé un communiqué qui soigne notre fierté nationale en laissant nos caisses vides. Les termes sont résolument ceux d’une équipe d’experts. Les expressions sont parfois incompréhensibles. Mais ils ramènent à une seule conclusion : faites encore des efforts, et l’argent arrivera au mieux en 2019 !


Les experts du Fonds monétaire international sont gens bien élevés. Ils ne nous admonestent pas en nous traitant de cancres incapables de redresser une situation dont nous avons vu le contrôle nous échapper des mains. Ils ne nous disent pas, du moins pas avec les mots qui friseraient le reproche infantilisant, comment nous nous sommes mal comportés aux années fastes. Ils nous disent avec délicatesse que notre situation pose problème à la sous-région. A nous de saisir la gravité de ce que nous vivons et des conséquences pour la viabilité de nos structures sous régionales.
Ils sont repartis en remerciant même «pour les entretiens chaleureux» et la «chaleureuse hospitalité». Mais pour le programme sollicité par le Congo pour sa stabilité macro-économique et une croissance plus robuste, les efforts doivent se poursuivre. Pour le citoyen lambda, cela n’est que littérature. Pour le pays dans son entier par contre, il y a là une pressante invite à bien faire désormais; à ne pas nous contenter du cosmétique et de l’apparence qui reposent. Il n’est pas sain pour une nation de toujours apparaître comme la dernière gouvernance.
Il n’est pas normal que les efforts qui nous sont demandés – le petit peuple qui rame littéralement les a toujours fournis – ne servent pas, à la fin, à asseoir les bonnes pratiques dans le pays. Et même à nous éviter les reproches plus ou moins policés du FMI. On sait bien qu’il n’y a qu’à un grand malade qu’on parle avec aménagement. Le Congo a les moyens de regarder sa maladie en face et de guérir. Corruption, gabegie, passe-droits, clientélisme n’appellent pas de la simple aspirine, mais une thérapie de choc.
Elle n’est pas seulement exigible des «grands»; elle doit être aussi l’effort d’une base qui a toujours vécu les divers scandales supputés ou avérés comme autant d’épisodes d’un feuilleton qui n’ont rien à voir avec le chômage de nos jeunes et les chantiers qui ferment. Il n’y a pas d’un côté la corruption et de l’autre les Congolais. Ceux qui volent et qui pillent sont aussi des Congolais. Ceux qui grognent et qui souffrent aussi.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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