Plantons !

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Nous venons de célébrer la Journée nationale de l’arbre. La tradition est heureuse, et elle ne devrait pas susciter les vaines polémiques de toujours. Elle ne devrait pas se noyer dans la politique à la congolaise. Nous sommes dans une zone pluvieuse où les érosions laissées par les pluies de l’an dernier ont commencé à s’aggraver avec les ondées furieuses de ces jours-ci. Planter des arbres peut être une parade utile pour éviter à des quartiers entiers de partir littéralement dans les boues et les eaux de ruissèlement.


La tradition est belle aussi, parce qu’elle épouse deux soucis mondiaux : préserver l’environnement et lutter contre les changements climatiques. Ces deux préoccupations peuvent paraître lointaines et théoriques, la seconde plus que la première. Au moment où y compris des puissants de ce monde se rangent parmi les climato-sceptiques, continuer à planter toujours et toujours n’est pas inutile. La terre subit les effets néfastes d’un environnement que nous saccageons. Les variations du climat sont une conséquence de l’action humaine, et les intempéries violentes de ces derniers temps un effet de ce que nous rejetons dans l’atmosphère.
Il n’est pas mauvais que nous apportions notre touche modeste à une lutte qui nous engage tous.
Le Pape François nous y appelle : il nous faut sauver « la maison commune », la Terre. Chacun là où il est, bénéficie des bienfaits d’un environnement que Dieu nous a confié en gérance. Détraquer la machine par une insouciance dans l’exploration des ressources, leur exploitation, c’est littéralement scier la branche sur laquelle on est assis. Plantons ! Le Congolais a du mal à se faire à l’idée qu’un acacia planté à Ngo puisse sauver un paysan de l’Inde. Pourtant, il est bien ainsi. Dans notre représentation, la planète ne va jamais plus loin que la colline d’en face. Mais les effets de ce que nous faisons mal ne peuvent s’emprisonner à l’intérieur d’une frontière. Ce n’est pas parce que notre géographie est limitée que nous insouciance devrait être grande.
Pourtant, on ne peut s’empêcher de se demander : obéissons-nous à un vrai souci de préservation de l’environnement chaque - novembre, ou nous adonnons-nous à une activité plus cosmétique et d’apparat ? Car, planter des arbres à Brazzaville ou Pointe-Noire ne sera rien tant qu’à quelques kilomètres des cargaisons de bois ou de charbon quitteront la proche campagne pour les ménages en ville. A quoi sert-il de dévaster Hinda ou Makana, pour replanter à Kintélé ? L’environnement se sauvera même si nous n’y mettons pas la littérature des écologistes professionnels. Mais il ne se sauvera pas par l’indifférence et le haussement d’épaule.
Dans ce sens, quelle que soit la date, quelle que soit la personnalité qui le fasse, planter un arbre sera toujours utile à tous. Surtout si nous accompagnons ce rite de la prise de conscience que nous n’avons effectivement qu’une terre et que nous ne pouvons l’abimer et prétendre nous en procurer une nouvelle. Les changements climatiques imposent les effets de leurs dérèglements à tous, nous ne serons jamais à l’abri en nous drapant dans notre insouciance face à la dureté des chaleurs, la force des intempéries actuelles, les crues violentes ou le «déplacement» des saisons. Plantons !

Albert S. MIANZOUKOUTA

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