Mgr Ernest Kombo

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Il y a dix ans que s’est éteint Mgr Ernest Kombo. L’ancien évêque d’Owando a marqué de son empreinte l’Histoire récente du Congo. Homme d’Eglise mais aussi patriote, le jésuite a représenté la jonction heureuse entre une Nation qui se pensait athée et une Eglise qui, pendant quarante ans, n’a cessé de répéter qu’on pouvait être bon chrétien et bon citoyen. Ou, même, qu’on était mieux l’autre parce qu’on était mieux l’un. Impensable durant les années où nous avons flirté avec le marxiste et les idéologies excluant Dieu de la vie de l’homme !


L’homme s’est éteint à 67 ans, après avoir mis le Congo sur les rails d’une vie qui s’est toujours rêvée plus fraternelle et moins fractionnée. Ses admonestations et ses enseignements n’ont pourtant pas empêché les guerres les plus féroces entre nous. Nous nous sommes étripés du mieux qu’on a fait, et nos déchirements insensés le désolaient au plus haut point. Mgr Kombo a vécu cela ; subi les dislocations des communautés, tenté de prêcher l’amour et le pardon à une Nation vacillante dans ses fondements de coexistence.
Le Congo a continué son chemin et n’a tenu qu’un compte limité de ses nombreuses mises en garde et exhortations. La vie s’est poursuivie comme si de rien n’était. Même ses tonitruants rappels à l’ordre, en pleine Conférence nationale souveraine en 1991, n’y ont rien fait. Qui peut dire aujourd’hui si les trois Commandements du Décalogue qu’il cita en cet instant solennel ont effectivement changé notre manière de faire ? Que les «Tu ne mentiras point», «Tu ne voleras point», «Tu ne tueras point» sont désormais devenus des vertus inscrites aux frontons de la République? Ou, mieux, dans notre agir de tous les jours?
Mais Mgr Ernest Kombo a incisé dans les mémoires le principe qu’un pays est aussi ce que sont ses valeurs et la volonté à les respecter.  Mgr Ernest Kombo, s’est éteint en octobre 2008. Beaucoup se réclameront de son héritage et de sa démarche éclectique, d’autres continueront à le critiquer. Il restera pourtant l’exemple du citoyen qui a voulu faire pour le mieux et a souhaité le meilleur d’une Eglise et d’une Nation qu’il chérissait. Les différentes manifestations et le colloque en cours depuis le 12 octobre pour sa mémoire sont un point de rappel du parcours de l’homme, du pasteur et du citoyen.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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