Ramassons!

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Donc, l’heure est au ramassage des armes! Dans le département du Pool désormais, la paix est plus que jamais conditionnée par la suite des séquences inscrites à l’accord de Kinkala du 23 décembre dernier. Il faudra ramasser les armes, démobiliser les combattants, réconcilier ceux qui veulent bien se laisser faire, et toujours amis comme avant comme disent les Italiens. Parce que tout change afin que rien ne change!


Sauf que rien de tout ceci ne peut se décréter ou se laisser contempler sans implication personnelle. Ramasser des armes et ramasser des champignons ne renvoient pas à la mêle logique. Les armes sont des objets de mort détenus par ceux qui en ont usé pour supprimer des vies; les champignons, eux, n’ont pour vocation que de pousser et de se laisser faire par le destin, pour alimenter les hommes ou service de compost naturel.
Les armes à ramasser ont, dans un temps pas trop lointain, fait couler le sang de populations inertes dans le Pool. Elles ont été utilisées pour défendre une cause qui n’est pas, et qui n’a pas survécu à la satisfaction des commanditaires. Une non-cause comme celle de la guerre du Pool aurait dû s’éteindre sans que soient auto-proclamés un «ambassadeur des Ninjas» ou institués des groupes d’auto-défense plus ou moins visibles.
Nous sommes passés de l’ubuesque au pathétique, en marchant sur les cadavres d’innocents: ceux de la Force publique qui avait certainement mieux à faire pour notre défense extérieure ; ceux des exaltés venus à la mort sans raison autre que celle connue de leur seul chef aventuriste. Des cadavres qui s’ajoutent à d’autres dans l’histoire d’une République qui n’en a que trop comptés ! Nous aurions, pour une fois, pu faire l’économie de ce sang-là…
Quoiqu’il en soit, le mot d’ordre est venu : ramassons d’abord. Dans la bonne volonté et même dans la bonne humeur. Sans les images d’atrocités qui hantent les nuits des victimes. Sans un regard en arrière, pour ne pas nous transformer en statues de sel. Mais aussi sans atermoiements et multiplications de manœuvres dilatoires. Sans calculs autres que le gain de la paix, non pour le Pool mais pour le Congo. Sans préséance pour la seule ambition de figurer sur la photo.
Ou de dire un jour à une histoire en larmes: «j’ai mis un département à genoux, ceux qui ne me croyaient pas doivent maintenant  me craindre». Sans autre prétexte aussi à justifier par les retournements de casaque de ceux qui ont déjà juré, ramassé et brûlé des armes dans un passé pas trop lointain, pour ajouter aux souffrances.
Ramassons et allons-y gaiment! Viendra le temps de nous interroger sur les comment des pourquoi. Et de nous interroger sur les agissements, compromissions, complicités, tactiques et manœuvres de tous ceux qui, dans cette affaire, n’ont trouvé que prétexte à infliger du mal. La guerre du Pool est finie, finissons-en vraiment avec les dits et non-dits qui l’ont inutilement alimentée.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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