Kofi Annan

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Il reste sans doute beaucoup de personnages du monde auxquels s’attache le qualificatif de «première fois». Ce sont généralement de grands personnages. Il y eut le premier homme à marcher sur la lune, le premier Noir architecte (Dr Julian Abele, Américain, constructeur du musée de Philadelphie, 1881-1950), le premier président américain noir, la première bachelière congolaise... Et il y eut le premier Secrétaire général de l’ONU noir. Kofi Annan, l’homme qui vient de nous quitter à 80 ans!


A vrai dire, il est des destins où la couleur de la peau ne joue plus qu’un rôle mineur et où le jugement ne se décline pas en «il était Noir, mais il a bien fait» ! Ce serait colporter un auto-racisme du plus ridicule effet, comme si être noir excluait des grandes fonctions et de la capacité à les assumer avec brio. D’ailleurs, cela équivaudrait à avouer que seules d’autres races sont faites pour réussir, le contraire de l’indépendance que nous venons de célébrer!
C’est pourquoi, tout en nous réjouissant de ce que Barak Obama ait été le premier président américain noir; Colin Powell, le premier chef d’Etat-major noir américain, nous nous inclinons devant la mémoire de Kofi Annan. Un des nôtres admis à des hautes fonctions et des charges dont il s’est positivement acquitté, comme on s’y attendait, avec en plus cet «Ubuntu» qui lui vient en principe de nos origines partagées. Il a voulu insuffler un peu plus d’humanité et une dose de paix; il n’y est pas toujours parvenu mais au moins ce n’est pas parce qu’il était incapable d’y arriver. Ou parce qu’il était Noir.
Etre premier fonctionnaire du monde demande des qualités exceptionnelles. Premier Secrétaire général noir de l’ONU vous met en exergue, plus que tout autre. Mais au finish, le résultat qui restera dans les mémoires et les archives ne devra pas être: «que pouvait-il faire, le pauvre; il était Noir !». Non, ce n’est pas de la commisération que nous laisse Koffi Annan, ni une quête de condescendance. C’est la conviction que partout dans le monde, des talents, compétences et valeurs noirs existent: qu’ils ne sachent pas diriger leurs propres Nations ne tient donc pas à la couleur de la peau, mais à autre chose sur lequel les avis ne peuvent être que divergents.
Reste que tous, dirigeants ou dirigés, nous saluons unanimement en Kofi Annan, le premier Africain noir à avoir donné de la visibilité au Continent. Sans haussements d’épaules ou moues goguenardes et de dépréciation. Notre panthéon s’agrandit: Mandela, Mohamed Ali y sont; Kofi Annan aussi.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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