Liberté d’expression

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Notre confrère Ghys Fortuné Dombé Bemba est sorti de prison. Même s’il n’est pas totalement absout des charges qui pesaient sur lui, on peut se réjouir de cette décision. On dirait que le Congo veut sortir de la liste des pays prédateurs de la liberté d’expression. Officiellement, le Congo ne compterait pas de prisonniers d’opinion: mais il y a tellement d’interprétations au mot opinion! Et il y a tellement de manières de se dire libres sans l’être!

 


Redisons qu’il n’est utile à personne de porter des journalistes en prison. Mais ajoutons tout de suite que, tout en se situant au poste de vigie de la société, attentif aux débordements et aux abus des pouvoirs établis, le journaliste n’est pas exonéré des obligations citoyennes de justiciable quand cela le demande. Pour Fortuné, il n’y avait que des avantages et de la cohérence à le libérer.
Poursuivi pour avoir relayé dans son journal un discours du rebelle Ntumi, il ne pouvait subsister aucune charge contre lui, dès lors que le pseudo pasteur avait été relaxé de ses charges. Au nom de la paix.
Cette affaire nous adresse aussi, à nous journalistes, quelques reproches sourds. Nous nous sommes beaucoup contentés de la vérité officielle qui voulait que le confrère ne fût pas poursuivi dans le cadre de sa profession. Ni que son journal ait été la cible visée en raison de la liberté de ton qu’il affichait, et qui ne rencontrait pas l’unanimité de tous dans la profession. Un journaliste est un journaliste. Ce qu’il écrit ou dit, quelle que soit la manière, ne tire sa justification que de sa compétence et de sa formation à le dire.
Nous portons dans ce journal l’interview que nous a accordée le très sémillant président Philippe Mvouo, du Conseil supérieur de la liberté de communication. Il nous parle des assises nationales qui se profilent, mais aussi de Ghys Fortuné Dombé Bemba. Nous mesurons la délicatesse de sa fonction, car se mettre au service des journalistes, les défendre, tout en assumant une mission gouvernementale ne sont pas aisés.
Espérons seulement qu’il arrivera un jour dans ce pays que le journaliste puisse écrire et dire au-delà du convenu, éclaire l’opinion par le choix propre de ses mots et de ses domaines d’intervention. C’est cela qu’on appelle liberté d’expression, c’est-à-dire liberté d’informer et d’être informé.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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