Vacances

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

La Semaine Africaine ne prend pas de vacances. L’actualité, vous le savez, ne prend jamais de vacances. Et nous devons la suivre au plus près, la scruter et la relater au mieux. Donc, même si nous le souhaitions, ce journal continuera à vous parvenir durant ces deux mois de juillet et août, traditionnellement dévolus au repos des corps. D’ailleurs, même ce vocable est déjà, en soi, peu parlant.

Dans notre contexte social tendu, où même les grèves ne parviennent plus à dire tout notre désarroi; et où des administrations ne fonctionnent que par à-coups, que veut dire pour un retraité qui attend sa pension depuis 10 mois et dont les enfants, grands et adultes, sont toujours à sa charge, la notion de vacances? Il ne fait plus rien et se considère abandonné.
Que veut dire se reposer pour des élèves qui viennent d’achever une des rares années sans gros incidents, nous assure le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, la notion de vacances, période d’attente des résultats aux examens, oui, mais ensuite? Qu’est-ce qui les attend à la rentrée: la même incertitude devant le futur sombre? Et, même, de quoi sont faites ces vacances pour eux, devant la tentation de rejoindre quelque gang sanguinaire et sans pitié, comme s’ils voulaient s’acharner sur les parents qui les privent de toute perspective?
Vacances pour les députés? Non, je ne suis pas de ceux qui persifflent et affirment que même en temps de sessions, leur absentéisme est tel, et si net leur peu d’allant à vouloir affronter les difficultés du pays – qu’ils peuvent même avoir contribués à causer – que vacances et sessions pour eux reviennent quasiment au même? Nous reviendront-ils, à la rentrée, avec plus de vigilance sur les dérapages qui nous valent aujourd’hui de corriger ce qu’ils ont corrigé hier à peine? Avec la bonne manivelle qui relancera notre économie grippée? Corruption et gabegies sont désormais largement dénoncées au Parlement. Mais par quelle travée se sont-elles installées dans le pays?
Vacances pour le Gouvernement sur la sellette au moment où nous scrutons, tous, l’horizon pour décrypter les signaux en provenance des Sioux du FMI sur la colline de Washington: hache de guerre ou calumet de la paix avec le Congo? Réformes décisives ou vernis de feinte? Attendre ou désespérer résolument devant l’horizon bouché de nos espérances? Le FMI tarde à nous libérer de l’angoissante attente. Et nous en venons à nous demander si même quand les fonds seront octroyés, cela changera quelque chose de substantiel à notre condition!
Les vacances sont nécessaires, je me répète. Mais seulement à la condition que, régénérant les énergies, elles contribuent aussi à renouveler une manière de faire qui marque une nette délimitation entre l’avant et l’après de notre condition, de notre pensée et de notre agir. Sinon, nous dormirons de tous les sommeils de loir, et n’avanceront nulle part, tant les sommeils et les états de veille, forcés ou non, se ressembleront.

Albert S. MIANZOUKOUTA

Informations supplémentaires