Opposant à qui ? Opposant à quoi ?

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Comme les choses chez nous ne sont jamais simples, l’opposition montre qu’elle est opposée y compris à elle-même. Qu’elle s’oppose à une majorité présidentielle est la moindre des choses. De celles qui justifient, précisément, qu’elle s’appelle opposition. Mais il est plus incongru de voir qu’elle est aussi opposée à elle-même. Du coup les lignes de lecture de son action et de son discours ne sont plus du tout simples.

Car la démocratie qu’elle réclame passe par des canaux qui sont restrictives et exclusives des autres. Il y a l’opposition, mais il y a aussi les oppositions. Il y a les vraies qui le sont un temps, il y a les fausses qui ne le sont que le temps d’une consultation électorale.
Il y a l’opposition qui obéit aux critères du Gouvernement; il y a celle qui se rebiffe et qui n’entend surtout pas se reconnaître dans une «opposition légale». Le statut de l’opposition, réclamé depuis la Conférence nationale souveraine, est aujourd’hui dénoncé, vu comme un corset du pouvoir pour que l’opposition ne s’oppose pas.
La majorité est venue ajouter à tout ce pataquès en décrétant que seul un peu plus d’une cinquantaine de formations et associations répondraient aux normes. Tous les autres, anciens ou nouveaux, doivent se chercher une nouvelle place. Alors commencent à naître les plateformes, alliées mais séparées, concurrentes et antagonistes, ou concurrentes et compatibles… On s’y perd !
Dans l’interview qu’il nous accorde dans ces colonnes, Christophe Moukouéké enfile des gants  de puncheur pour rejeter à la fois la liste gouvernementale des partis et associations reconnus et le mémorandum. Dans notre précédente édition, Kignoumbi Kia-Mboungou (La Chaîne) nous expliquait pourquoi il n’avait pas signé le mémorandum dit de l’opposition. La semaine prochaine un autre leader de l’opposition ou de la majorité – nous avons sollicité les leaders des deux (?) bords!- viendra nous expliquer que ce en quoi il croyait hier n’est plus ce en quoi il croit aujourd’hui. Et comme nul ne peut prédire le futur, rien n’exclut que demain sa boussole changeante n’affiche le nord en plein est !
La Semaine Africaine donne la parole à tous. Nous voulons contribuer à l’enrichissement des débats. Et quand il n’y en a pas comme souvent, nous voulons en susciter. Peut-être que, effectivement, des contradictions, reniements et retournements de veste, naîtra pour le Congo de quoi tracer un sillon en ligne droite pour les semences du futur.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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