De l’aide aux pauvres

Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 

Je rentre du Pool avec un sentiment de prodond écœurement. De voir des centaines de paysans de Mbanza-Ndounga ou Goma Tsé-Tsé (venus se réfugier à Nganga-Lingolo) réduits pratiquement au plus complet des dénuements est un spectacle qui vous retourne le cœur. Des vieilles mamans qui hier fournissaient la ville en manioc et en denrées diverses  ramenées à l’état de mendiantes contraintes à devoir attendre sous le soleil quelques kilos de riz ou de l’huile de l’aide internationale est littéralement révoltant.

Elles ont fait des dizaines de kilomètres pour venir toucher leur «ration» et s’en repartiront vers ce qui reste de leur hutte sans rien comprendre à ce qui s’est abattu sur elles brutalement. Cela n’invite qu’à se poser la sempiternelle question du pourquoi: pour quoi tout ceci? Pour quel gain?
D’autant que les hypothèques sur le futur ne sont  pas levées. Si la circulation à travers le département semble rétablie, la persistance des «bouchons» perméables n’est pas de nature à rassurer sur un retour immédiat de la normalité. Pas plus que ces «camps» Ninja où les deux «drapeaux» affichés sont de couleur violette (les emblèmes de Ntumi) et le blanc, suspecte volonté d’aller vers la paix. Mais tout semble si fragile et tout peut tellement s’embraser au moindre couac d’envergure!
Ntumi a voulu combattre l’armée et contester des résultats électoraux: la manière de le faire démontre toute l’absurdité d’une démarche. Car le gain obtenu, s’il se résume à des égards à sa personne ou à sa liberté de poursuivre ses affaires de pillage écologique sont de bien maigres consolations au regard du grand retard infligé à une région naguère dynamique.  Aucun remords exprimé, aucune remise en cause de soi, aucune demande de pardon pour les souffrances et les morts infligées, mais  toujours une surenchère pour demander et exiger. Si cela s’appelle révolution ou exigence de plus de démocratie, c’est donc que les mots ont résolument changé de sens. Et que nous n’aurons pas fini de dénoncer un aventurisme enragé qui a malheureusement  eu des prosélytes.

Albert S. MIANZOUKOUTA

Informations supplémentaires