Explosion

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Nous assistons à l’explosion de maladies que jadis nous ne connaissions pas, ou pas dans cette ampleur. Cancers, diabètes et, surtout, AVC provoquent une véritable hémorragie dans la société. Il n’y a plus une seule famille congolaise qui ne gère tout ou partie de ces pathologies ; pas un hôpital qui ne traite les effets de l’une d’elles. Pathologies lourdes qui nécessitent de gros frais et qui demandent un suivi très contraignant, avec une médication particulièrement difficile, ces trois maladies ne sont pas à proprement parler des maladies du pauvre.

Elles appellent des ordonnances, des examens et des contrôles réguliers qui peuvent parfois tomber en période de longue attente d’un salaire ou d’une pension. Et pourtant, c’est précisément dans la case du pauvre que se recrutent majoritairement aujourd’hui les malades du cancer, du diabète ou de l’accident vasculaire cérébral, l’AVC.
C’est chez le pauvre aujourd’hui que se «déversent» impitoyablement les raisons de se chercher de l’argent pour se soigner. Sans oublier que, dans le même temps, les autres maladies courantes auxquelles nous étions habitués, paludisme en tête, continuent de sévir.
Les causes de cette véritable explosion de maladies qui nous rendent plus vulnérables encore ne sont pas uniques ni simples. Elles ne sont pas seulement dans une société en mutation rapide où la malbouffe s’est installée. Elles ne sont pas seulement dans une sédentarisation qui nous voit moins marcher, et préférer plutôt griller de longues minutes sous le soleil dans l’attente d’un bus. Elles ne sont pas seulement dans l’hygiène approximative de nos quartiers.
Mais elles ne sont sûrement pas dans la malédiction supputée de l’oncle, le mauvais œil de la tante ou la colère des aïeux à apaiser. Ou alors, elles le sont en même temps que toutes les autres causes avérées. Nous sommes malades, au propre, du fait d’être malades de tous les maux et de tous les soucis qui nous accablent. Mais la solution n’est pas dans la prostration et l’apathie : elle passe par l’élimination d’une des causes évidentes de cette situation, la première à notre portée.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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