Il se passait tout ça ?

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La justice aura la mission de débrouiller le faux du vrai, espérons-le. Pourtant au fil des jours et des audiences de la Cour criminelle qui poursuit de hauts dignitaires de la République pour atteinte à la sûreté intérieure, nous sommes mis devant un tableau pour le moins désarçonnant. Il se dégage des propos du général Norbert Dabira au moins le fait que des actes attentatoires au président de la République ont été échafaudés. Que le coup d’Etat contre le Chef de l’Etat n’ait pas réussi est une chose.

Il n’empêche qu’il reste comme un sentiment de malaise. Ne serait-ce que parce que certaines des spéculations dans l’opinion trouvent un début de confirmation. La rumeur cesse de l’être quand ses prémisses trouvent un début confirmation.
Tout ce qui se dit à la Cour n’est pas vérité d’Evangile, c’est vrai. Dans la série de procès que nous sommes appelés à suivre depuis une quinzaine de jours, mettant en scène de très proches collaborateurs du Président de la République, il se dégage une situation nauséabonde. De hauts dignitaires de la République sont appelés à la barre. Ils disent ou ne disent pas leur part de vérité. Mais ce qui en émerge laisse pantois. Et ce qui en émerge s’entrelace avec l’origine de certaines de nos crises. Notamment dans le Pool. Au point de fixer définitivement la rumeur persistante selon laquelle cette crise est un artifice entretenu de toutes parts. Une crise fabriquée.
En tous les cas, une situation paradoxale. Car, pendant que les Ninjas sur le terrain s’évertuaient à déstabiliser le pays, à infliger d’indicibles souffrances aux populations civiles, des dignitaires haut-placés tiraient les ficelles dans l’ombre. Et attisaient le feu, soufflant sur la braise. Comme si pompiers et pyromanes avaient partie liée ! Nous n’en sommes pas encore au bout du procès. Nous ne saurions tirer des conclusions définitives, mais le peu qui sort du Palais de justice nous donne à voir un Congo d’incertitudes. Où les piliers de la République sont vermoulus, et la sécurité du pays rongée à la moelle par des à peu-près qui ne peuvent pas réjouir même les plus acharnés des opposants.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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