Demain la sagesse?

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Il y avait de l’anxiété, il y a maintenant de la perplexité dans la rue. L’accord de programme passé avec le FMI est au cœur des commentaires du Congolais. Très attendu, il est enfin arrivé. Mais la dose d’interrogations qu’il suscite fait comme s’il n’avait jamais été véritablement signé. L’a-t-il seulement été, s’interrogent les sceptiques, qui affirment que même le communiqué qui l’accompagne depuis Washington ne se lit pas comme un roman de plage.

Beaucoup trop de sous-entendus désobligeants, beaucoup trop de «prises en compte» de ce que le Gouvernement assure vouloir désormais faire. Comme si hier les assurances avaient empêché quoi que ce soit de ce qu’il nous est reproché aujourd’hui! Comme si hier, crise légère ou profonde, nous n’étions déjà pas des adeptes du «promis-juré». Alors, s’interroge l’homme de la rue, cet accord auquel reste suspendu l’avenir de tout un peuple, a-t-il finalement été signé ou non? Et s’il l’a été, à quand l’argent, la seule chose qui intéresse désormais. 

Quand donc vont s’ouvrir les vannes de notre respiration aujourd’hui en peine? Les usines qui vont se mettre à recruter nos jeunes aujourd’hui contrôleurs de bus avec Master en poche, faute de débouché? Recruter nos ingénieurs, nos médecins, nos enseignants si nombreux dans la rue et très peu dans les amphis?
Il ne faut pourtant pas ajouter à la sinistrose. La revue du FMI, nous assure-t-on, s’est conclue «positivement », ce qui veut dire en langage diplomatique qu’elle s’est conclue. Tout simplement. Et que les remontrances éventuelles que pourrait nous valoir notre propension à trop dépenser, que nous ayons de l’argent ou que nous en ayons moins, n’ont pas été jugées dignes d’être encore étalées sur la place publique. Cela veut dire aussi que le débat sur notre éventuelle dette cachée a été suffisamment ferme pour que nous prenions l’engagement de ne plus recommencer. Nous sommes de mauvais élèves, nous le savons, le FMI aussi. Mais cette fois, nous avons dû jurer que, désormais, un franc sera un franc chez nous et chez les autres. Et qu’il ne sera pas distrait à autre chose qu’à la seule satisfaction des besoins réels de la nation.
Le Congo sortira sans doute assagi de cette crise. Nous l’espérons tous. Mais l’homme de la rue hausse les épaules et dit : «chiche!». Espérons quand-même qu’au bout de la nuit, le pays renouera avec la vertu. Et que demain, sous l’œil vigilant du FMI, nous aurons une économie qui regardera avec horreur à la gabegie, à la corruption, au laisser-aller, aux détournements colossaux, aux dilapidations, à l’incurie, à la magouille et à la concussion. La liste est longue, mais la moitié de ces exigences suffirait !

Albert S. MIANZOUKOUTA

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