Du Congo agricole qui sera

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Or, donc, le Congo va reverdir! Le ministre d’Etat Henri Djombo l’assure: la relance de l’agriculture devient un impératif économique et, cette fois-ci, va sortir des slogans. Nous ne pouvons que le croire sur parole. Pourtant des programmes ont été élaborés, des dizaines de projets élaborés depuis l’indépendance, les résultats n’ont jamais été à la hauteur des espérances.


Sur un des murs de la Minoterie de Nkayi, des écrits étalent en une insolence qui se rit du temps : «Pour l’autosuffisance alimentaire d’ici à l’an 2000». Un slogan. Qui s’ajoute à une liste d’autres mantras de propagande, gouffres à milliards et échecs cuisants tout à la fois.
Campagnes de vulgarisation de l’arachide, du tilapia, des semences améliorées, du manioc résistant au pourridié; offices de commercialisation des produits agricoles, du café et du cacao, «une école, un champ» et autres idées brillantes du genre, tels le Fonds de soutien agricole ou les tout-récents villages agricoles se sont essoufflées sous les coups de boutoir d’un manque de moyens, de suivi et des détournements ou de la mauvaise gestion des fonds alloués. Avec toujours, la dilution comme dans du sable, des coupables et des responsables de cet éternel recommencement: Sisyphe, on le sait, a des parents au Congo !
Donnons donc acte de la volonté de relancer notre agriculture sur des bases nouvelles. Nous avons échoué pendant 40 ans, explorons des voies nouvelles. Le ministre assure que cette fois c’est différent parce que les objectifs sont définis, les moyens disponibles et les soutiens techniques et financiers de toujours aussi. L’agriculture du Congo va se relancer. La Semaine Africaine prend part au forum qui va consacrer cette relance (voir page 6).
Nous rendrons compte de ce qui se fera pour un Congo qui veut se nourrir par lui-même et qui n’entend plus importer ses aubergines! Un Congo qui entend vivre de ses terres et de ses eaux: même sous la pression de nos propres erreurs passées, il nous faut bien penser un développement viable. Et ne pas passer 40 autres années à des tentatives onéreuses pour ne retrouver la lucidité qu’au bout du temps. Ce serait nous condamner à un surplace que nous ne pouvons plus nous permettre. Dans 40 ans, le Congo aura 98 ans d’indépendance...

Albert S. MIANZOUKOUTA

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