De la dette intérieure

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Une dette est une dette, mais la dette intérieure ajoute à la crise de manière plus criarde sans doute. Parce qu’elle frappe directement, sans intermédiaire désincarné, la petite gens. Elle étouffe les forces qui auraient dû donner du souffle aux articulations de la République, ou aider à la résilience face à la crise générale. Les petites et moyennes entreprises locales, obligées d’attendre deux ans ou plus le règlement par l’Etat d’une facture vitale à la poursuite de leur action,  sont ménacées de mettre la clé sous le paillasson.


De petits entrepreneurs s’étranglant à surmonter le maquis des bureaucraties pour fournir à un service d’Etat des consommables dont on aura perdu jusqu’à l’image quand la facture sera réglée, sont des morts en sursis. Aucune viabilité économique ne peut sortir d’une situation comme celle-là. Les discours se feront ; ils mettront l’accent sur la liberté d’entreprendre, le dynamisme local, la nécessité de se prendre en main. Ils seront simples parlotes tant que la dette intérieure restera aussi énorme et aussi longtemps négligée. L’Etat a décidé de s’attaquer à sa dette intérieure : il était temps !
Il était impérieux de redonner du souffle à ceux qu’étranglait l’inertie des trésoreries d’Etat. La baisse du prix du baril de pétrole est un fait ; il n’empêche que de connaître une des causes de la crise n’ajoute pas à l’écuelle. Que la bonne volonté du Gouvernement soit affirmée va dans le sens de ce qu’il faut dire, mais une volonté n’est manifeste que concrétisée par des faits.
Et à la bonne volonté de régler la question doit aussi s’ajouter la rigueur dans le contrôle des créances et des créanciers, du payement effectif aux créanciers, du déparasitage de tous les circuits négatifs qui gangrènent les guichets payeurs dès qu’il est question de toucher le règlement d’une dette de l’Etat.
Nous savons que la pratique des 10% réclamés par des agents d’Etat n’aide personne. Qu’un entrepreneur moyen venu toucher 5 millions de francs, se voit imposer le payement de 500.000F préalables de dessous de table est révoltant. Surtout si ce règlement intervient bien longtemps après le libellé de la facture. Or c’est la pratique courante. Admise.
Notre économie a besoin de respirer par tous les pores de respiration. Elle doit reposer sur la répression des pratiques nuisibles et décourageantes. Sinon, l’insistance à récupérer les sommes dûes à l’Etat ressemblera à un coup d’épée dans l’eau, plus dommageable après qu’avant. Il ne s’agit pas de faire montre de rigueur seulement en amont.  Pendant et après  les transactions, l’Etat doit maintenir sa rigueur aussi. Que ce ne soit pas au seul FMI à imposer les pratiques de gouvernance; elles doivent découler du vécu citoyen de tous les jours.  

Albert S. MIANZOUKOUTA

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