Le Pool raccordé

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Avec la libération des axes routiers dans le Pool, c’est la confirmation du retour à la normalité qui se précise. Le Pool se raccorde à la République, après près de deux ans d’un blocus absurde, inutilement sanglant  et économiquement nuisible à tous. Des signes intangibles d’une volonté de tourner la page sont visibles désormais. La République a su prendre de la hauteur pour traiter une question qui n’en était vraiment pas une, mais qu’on a créée de toute pièce. Qu’elle continue.

Qu’elle pousse la magnanimité jusqu’à savoir où mettre la barre : la paix dans le Pool n’est pas le résultat d’une faiblesse de quelqu’un, contesté ou pas. Elle n’est pas davantage une prime guerrière aux Ninjas. Ni le signe que toutes les conditions posées par Ntumi sont réunies pour son entrée triomphale dans l’Histoire où sa place sera peut-être tout sauf celle des héros.
La paix dans le Pool, laborieusement négociée entre gens qui ne voulaient pas négocier de prime abord, nous arrive par impuissance à lui trouver une justification de bien. Elle est la résultante d’une guerre déclenchée, et d’une guerre combattue avec tous les moyens d’une guerre. Avec des morts et des blessés dans les corps et dans les esprits. Elle est sans cause soutenue qui serve de marqueur et de justification aux méfaits incroyables que cette guerre a entraînés. Nous nous sommes entretués; nous n’y avons rien gagné. Ntumi a porté haut tout seul son propre étendard.
Ni la République, ni le Pool n’y ont rien gagné de tangible: valait-il seulement la peine de commencer?
Maintenant que nous savons – si nous ne le savions pas – qu’une guerre est lacérations, morts et destructions, quel est le pas d’après? L’envers du décor vertueux qui nous fera oublier que, hier seulement, nous sautions à la gorge les uns des autres? Et que cette guerre-ci n’en préparera pas une autre? Les Ninjas n’ont remporté aucun trophée, aucun département ne sera donc fondé à se réclamer de la jurisprudence inutile de Ntumi  pour, lui aussi, se lancer sur le sentier de guerre et assouvir un quelconque besoin de notoriété.
Si on dit: ce qui est fait est fait, il nous faudra résoudre le nœud gordien de toutes les incertitudes du futur.  C’est-à-dire de tout ce que Ntumi nous laisse en héritage, car il est des cambouis dans lesquels nous ne plongerions qu’en renâclant. Une guerre a été déclenchée; elle laisse des tombes et des estropiés. Il nous faudra bien trouver à qui adresser la «facture» citoyenne. A moins que la vérité ne dévoile plus clairement les dessous d’une aventure dont, franchement, les questions qu’elle suscite sont plus nombreuses que les réponses que nous détenons, malgré la paix qui pointe.
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PS: Une lectrice attentive nous prie de noter que, contrairement au titre de notre éditorial précédent, le mois de mars ne commémore pas seulement l’immolation de deux hommes en 1977, mais qu’il faut aussi ajouter au Commandant Marien Ngouabi et au Cardinal Emile Biayenda l’exécution de l’ancien Président Alphonse Massamba-Débat.   

Albert S. MIANZOUKOUTA

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