L’Amérique arrive !

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La tournée africaine de M. Rex Tillerson rappelle à notre Continent que la première puissance du monde ne nous a pas rayés de ses cartes. Le Secrétaire d’Etat américain vient réveiller une fibre américaine jamais endormie, au fond, même si l’arrivée du président Trump a jeté quelques points d’interrogation sur la réalité de sa politique africaine. «L’Afrique est l’avenir», a-t-il lancé en débarquant en Ethiopie. Cet enthousiasme tranche radicalement avec les silences bruyants sur l’Afrique reprochés à son administration.

Cet enthousiasme de bon aloi tranche aussi avec le langage rude par lequel il nous a semblé que le président Donald Trump voulait désormais traiter notre Continent.
Il est, en tout cas, révélateur d’un nouvel état d’esprit auquel les grandes puissances ne nous ont pas habitués. Avec eux, nous nous étions complus à entendre un langage d’amis complaisants ou une superbe condescendance, nous, qui sommes des mendiants de toujours et seulement.
L’Amérique débarque dans notre Continent pour nous dire qu’il y a place au pragmatisme dans les relations internationales. Nos orgueils froissés sont une chose, nos mémoires violées aussi. Mais il reste toujours le devoir incontournable de mettre quelque chose dans son écuelle. C’est l’habileté à savoir négocier nos contrats et nos partenariats qui fera la différence entre une souveraineté bien sentie et une soumission d’éternels velléitaires, champions de la grogne. Si nos pays de peu peuvent intéresser l’Amérique, trouvons plaisir à ce que nous y accueillions quand-même son envoyé. L’Afrique c’est l’avenir? Voilà qui devrait nous rendre orgueilleux d’être sur la trajectoire des choses bonnes qui viendront, et pas seulement dans le puits de celles, mauvaises, où nous avons l’impression d’avoir incisé nos présents.
Il y aura un peu d’hypocrisie chez l’hôte que nous accueillons, trop occupé à démentir le dédain que nous soupçonnons son administration d’entretenir à notre endroit. Oublions: nous avons des impératifs de développement dans lesquels une insulte ne devra peser que le temps de la légitime réaction verbale.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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