C’était le 1er décembre

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Nous avons terminé l’année récemment écoulée dans la menace. Le 1er décembre, une douzaine d’hommes en armes et autres équipements de répression de manifestations, a pénétré dans notre cour et frappé toute personne s’y trouvant. Un de nos sous-locataires s’était mis en tête d’accueillir une conférence de presse sur des hommes politiques incarcérés.

Il ne nous en avait pas avisé, mais les effets dévastateurs de cette irruption d’hommes musclés et déterminés ne nous ont pas épargnés. Violences aveugles sur des chefs de famille s’apprêtant à rentrer chez eux après une digne journée de labeur. Violences contre des journalistes et saccage de leur matériel. Violence verbale inouïe aussi contre toute personne se trouvant sur le passage de ces envoyés de la répression. Violence acharnée contre un véhicule du député Cyr Ebina, et puis plus rien. Sinon une vague promesse d’enquête confiée au Commissariat de police le plus proche pour nous, celui de la Coupole. Un numéro de téléphone, muet jusqu’ici. Où en est l’enquête?
Nous répétons une question, toujours la même, parce qu’elle n’a reçu jusqu’ici aucune réponse: où en est l’enquête? Que devient l’initiative de Cyr Ebina d’une plainte collective? Que cherchaient les commanditaires d’une action aussi contreproductive? De qui devons-nous attendre justice, nous de la presse, lorsque nos droits sont aussi outrageusement piétinés même dans nos lieux de travail?
Nous sommes entrés dans une phase où les médias, parce qu’ils sont laissés libres d’exercer leur profession, trouveront encore mieux au sein de leur corporation les moyens de cette éthique dont on nous accuse de ne pas faire souvent montre. Pour être des professionnels et utiles à la Nation, la Nation doit nous reconnaître la liberté d’écrire et de dire. C’est ainsi que nous serons dans notre rôle de miroir de la société. Nous ne sommes très certainement pas des citoyens au-dessus des lois, mais pour cela, il faut que la loi se dise aussi en notre faveur. Où en est l’enquête ?

Albert S. MIANZOUKOUTA

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