Normal

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C’est comme si nous étions condamnés à ne jamais vivre une vie normale. A chaque semaine semble correspondre une pénurie, mais l’ordinaire des jours est plutôt fait de pénuries cumulées. Les longues files de voitures devant les stations d’essence se passent de tout commentaire. La capitale du Congo pétrolier manque de carburant ; elle suffoque. Une pénurie qui survient seulement deux semaines après une autre pénurie tout aussi sévère, qui a fait voler aux étoiles les prix des transports publics.


La crise est là et elle nous presse tous, d’une manière ou d’une autre. Elle n’est pas seulement retards de salaires ou de pensions, ou arrêt des chantiers. Elle s’infiltre dans les pores de toute la société et chacun subit au moins un effet de la très difficile situation économique que nous connaissons. Chaque quartier a ses rues aux palmes annonciatrices de deuil. Les nuits sont émaillées de veillées funèbres et, dans les différentes morgues, se trouvent des corps abandonnés depuis des mois par des familles incapables d’organiser les obsèques à leurs proches
Le plus accablant est que les pénuries ne sont pas toujours sectorielles, mais groupées. Car il arrive que, dans la même semaine ou la même journée, on manque de carburant, de gaz, d’électricité et d’eau au robinet. Que les nuits soient étouffantes, et que les pluies maintiennent en éveil des quartiers entiers, impuissants devant les dévastateurs effets des érosions, toujours spectaculaires ici et là, à Brazzaville ou à Pointe-Noire.
Crier notre misère n’empêche pas de réfléchir aux solutions nombreuses d’un problème vaste. Et qui, comme tel, ne peut passer par la seule incrimination de l’Etat dont le visage ressemble curieusement à chacun de nous.

Albert S. MIANZOUKOUTA   

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