Insécurité

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Il ne passe désormais plus de semaine que nous n’apprenions de nouvelle de violence. Dans les grandes villes du pays, c’est à qui enregistrera son crime crapuleux, son viol, son vol avec effraction. La criminalité gagne du terrain. A Brazzaville, au cours des quatre dernières semaines, l’actualité a été faite d’une domestique violée et tuée à Talangaï, d’un médecin militaire massacré dans le même périmètre, de gangs de jeunes sévissant en plein jour dans les quartiers sud, d’une attaque de commissariat dans les environs du lycée de M’Filou, d’un racket avec violence à Kibina, et la liste est très certainement longue.


Chaque quartier a désormais ses organisations d’inciviques, souvent des jeunes et même de très jeunes, aux noms extravagants : les Américains, les Arabes, les Bébés noirs et autres Kuluna. Tous sont devenus des annonces de terreur: ils volent et mutilent, n’hésitent pas à aller plus loin avant de se fondre dans les quartiers. Et de disparaître.
Les sociologues avanceront leurs hypothèses pour expliquer cette soudaine explosion de violences. Les  économistes feront valoir les effets de la dure crise qui sévit. Les familles semblent désemparées et abdiquent. Tous se tournent vers l’Etat, qui fait ce qu’il peut. Mais c’est ensemble que nous devons lutter contre le naufrage collectif qui s’annonce.
La terreur a changé de camp. Nos enfants règnent en maîtres dans les quartiers. Ils sortent anges de la parcelle et entrent démons chez le voisin. Cela, couplé à l’accusation de toujours que certains regroupements religieux entretiennent contre eux vont une situation où jeunesse et innocence ne sont plus forcément des paroles associées.  
La violence gagne du terrain. C’est du moins la sensation que l’homme de la rue retient. Or, en la matière, même une simple sensation, le sentiment d’une insécurité diffuse procurent autant de malaise que les faits avérés. Se sentir malade et être malade sont la même chose. Qui a la sensation d’être exposé à une violence possible ne dort pas tranquille. Veillons à ramener le sommeil chez le citoyen, et à rendre son innocence à notre jeunesse.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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