Février

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Voici venir le mois de février, celui de toutes les espérances. C’est ce mois-ci, en principe, que les négociations avec le FMI devraient connaître leur avancée significative. Le pays tout entier reste suspendu à l’espoir de décrocher une aide budgétaire que l’institution internationale met beaucoup de méfiance à accorder. Nos chiffres, affirme le Gouvernement, sont clairs; notre transparence totale.

Le citoyen attend que les fins de mois soient moins haletantes, que le pays redémarre, que les  grues des chantiers arrêtés cessent de rouiller sur pied, que l’emploi reparte. Si c’est à cela qu’est liée la conclusion des discussions avec le FMI, il n’est pas permis de penser que le Gouvernement ne mettra pas toute l’ardeur qu’il faut pour que les assurances à donner reposent sur des vérités et des réalités chiffrées. Car il ne s’agira pas seulement de décrocher une aide, il faudra imprimer une marque pour ne pas passer pour les éternels élèves dissipés s’arrangeant pour retrouver la sagesse de façade le temps de l’examen. Cette métaphore impose une logique d’apprenant : nous ne devons pas réussir un examen en récitant seulement; nous devons apprendre. Pour le futur.
Apprendre à bien gérer, c’est-à-dire à faire correspondre nos projets avec les besoins réels des populations. Apprendre la sobriété et la pleine conscience devant la responsabilité d’assurer à une nation, pour aujourd’hui et pour demain, ses conditions de viabilité. Apprendre à lutter contre la corruption, qui commence au premier carrefour routier. Apprendre à maintenir une constance dans la rigueur de la loi, partout et pour tous. Apprendre à dire et à faire: nous départir de nos petites manies de blablateurs rassurants devant un pays qui suffoque.
Voici venir février, le mois où sur tous les dossiers importants la Nation va scruter la moindre virgule des accords à passer, le moindre mot des discours que l’on nous prépare. A vrai dire, nous ne sommes pas les seuls que la crise frappe durement, mais nous ajouterions de l’orgueil et de la fierté si notre manière de nous tirer d’affaire puisait dans notre génie propre. Nous sommes un peuple difficile, souvent sceptique devant les expériences locales quand elles ne sont pas soutenues par une main et un cerveau étrangers. Nous sommes le peuple qui se rue devant les cageots de mangues importées quand dans les quartiers nos manguiers croulent littéralement sous le poids de leurs fruits. C’est parce que nous avons perdu la confiance en nous-mêmes. La crise est dure, mais la passer sans retenir de leçons durables c’est nous comporter en éternels inconscients.

Albert S. MIANZOUKOUTA