Vivre

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Il nous faudra ajouter un cran à la ceinture de nos privations. La crise est dure ; elle se durcit. La sortie du tunnel peut-être annoncée, elle mettra du temps à se concrétiser dans l’assiette du citoyen lambda. Car tous les jours, tous les signes annoncent un moins-bien, pas un meilleur de vie. Pas une sagesse revenue sur notre manière de gérer nos ressources, d’user le fruit de leur vente pour le bien de tous, de ne pas donner à voir le mur d’enceinte qui sépare ceux qui ont de ceux qui n’auront jamais.


A vrai dire, la réalité dans tous les pays du monde est faite de riches et de pauvres. Mais à défaut d’innover sur la voie des vertus, nous pouvons au moins garantir un ascenseur qui fonctionne au CHU, des routes (pourtant bien faites !) qui ne risquent pas de nous ramener à une case départ avec les érosions que nous regardons s’aggraver, des jeunes sans emploi et surtout sans perspectives, des quartiers sans électricité. Nous devons oser l’originalité dans la crise. Cela demande du courage. Mais gouverner, c’est aussi savoir ouvrir les chemins dans les ronces, à coups de machette. C’est faire dire à l’opinion : «Oui, celui-là seul l’a fait».
C’est vrai que le pays peut se targuer d’avoir accompli des avancées importantes dans les infrastructures. On peut rallier Pointe-Noire à Brazzaville autrement que par le seul train otage de Ntumi. Mais tout est dans le tout. Car dormir affamé à côté d’un stade rutilant ; trembler de fièvre dans un hôpital démuni, c’est pousser le citoyen à l’incompréhension devant les autres générosités éventuelles. C’est faire de lui un éternel ingrat. Vivre en République, dans le vivre-ensemble, suppose le préalable, négligeable peut-être, mais incontournable: vivre.


Albert S. MIANZOUKOUTA

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