Non !

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Nous ne sommes pas habitués à être au centre de cette actualité que nous nous faisons pourtant le devoir de commenter deux fois dans la semaine. Mais, cette fois, nous sommes bien obligés de rendre compte de faits graves de violences survenus dans notre propre cour et contre nous. Des confrères y ont été violentés par des éléments qu’on a du mal à ranger dans les «forces de l’ordre», parce qu’il n’y avait pas de désordre à réprimer.


- Parce que les journalistes de DRTV, du journal Le Patriote, de Radio Congo, de l’agence PANA ou de RFI qui ont vu leur matériel de travail saccagé et confisqué répondaient à une obligation de travail. Seulement.
- Parce que La Semaine Africaine, propriétaire de l’immeuble, ne savait pas que son locataire la sous-louait à d’autres. Parce que, toutes considérations faites, cela n’est pas la méthode juste pour dire aux professionnels de médias de rendre compte, en toute objectivité, de la vie de la Nation.
Nous disons «Non», parce que ces faits créent un dangereux précédent. Les journalistes ne sont pas acteurs de la vie politique ; leurs opinions sont favorables ou contraires à l’action du Gouvernement comme il est juste qu’elles le soient pour tout citoyen libre de ses choix. Nous, à La Semaine Africaine, nous savons la valeur que l’Eglise catholique attache aux vertus citoyennes de la coexistence pacifique entre communautés, au dialogue et même au respect du périmètre bien compris des compétences de «César». Notre passé est émaillé de tellement d’épisodes de tortures, de prison, de restrictions auxquels nos devanciers ont dû faire face ! Cette époque-là, nous travaillons à la dépasser chaque jour. Nos prises de position se veulent équilibrées et encouragent les initiatives de bien, d’où qu’elles viennent,  et bannissent résolument les propos et agissements de violences et de ceux qui font son apologie.
L’agression de notre agent, paisible père de famille à quelques semaines d’une retraite bien méritée, est l’illustration de l’absurdité même de cette violence : elle a fait mal à qui n’avait rien à y voir;  elle s’est produite dans notre journal alors que nous étions étrangers aux événements et à leurs organisateurs; elle s’est produite, enfin, dans un contexte qui semblait à l’apaisement malgré la grave crise économique dans le pays. Ouvrir un front sur les libertés d’expression  à coups de matraques ajoute au passif et n’améliore par la marche souhaitée apaisée vers la confirmation démocratique.
Pour tout cela, nous protestons et nous disons «Non» !

Albert S. MIANZOUKOUTA

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