D’un sommet l’autre

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Il en est des grandes messes entre l’Europe et l’Afrique comme de tout : il y a autant de points de vue à en retenir que de commentateurs à interroger. A Abidjan, en Côte d’Ivoire, vient de se tenir la rencontre entre l’Union Africaine et l’Union Européenne. D’une Union à une autre, les apparences peuvent souligner le caractère d’égalité – et donc de partenariat – pour des intérêts que l’on souhaiterait communs.

Mais les agendas, les dits et les non-dits des uns et des autres soulignent assez la priorité à la forme plutôt qu’au fond des dossiers. Surtout si ceux-ci sont plus dans la tête des hôtes que des organisateurs (qui sont d’ailleurs peut-être les mêmes !).
Il a été question de jeunesse ? Mais nos pays en font-ils vraiment leur préoccupation au jour le jour?  Dès l’entrée dans ce siècle, et les premières velléités du NEPAD mort-né,  l’Afrique avait déjà proclamé que sa jeunesse méritait toute son attention et que l’avenir du continent était à elle : qu’est-ce qui a changé pour qu’elle (re)devienne du coup le centre d’une attention double cette fois ? De tout temps, on le sait, la balance démographique africaine s’est toujours caractérisée par cette numérique suprématie des jeunes sur les plus de 50 ans, alors quoi de neuf aujourd’hui?
A moins que l’ancienne nouveauté du drame libyen – qui se joue depuis au moins 2011 pour ce qui est des traversées dramatiques de la Méditerranée – n’ait permis de trouver une convergence dans le souci de retenir cette jeunesse-là en Afrique pour ne pas la voir, famélique ou islamisée à outrance, se déverser vers l’Europe ! Dans la relation Europe-Afrique, on fait souvent attention aux manières de dire les choses, mais le fond souligne toujours la continuité, et des poncifs et des clichés. On peut le dire de mille manières, mais l’Afrique ne montre aucune réelle volonté de retenir chez elle ses jeunes, et l’Europe qui l’aide à asseoir bien de ses programmes de développement peine à trouver avec elle la voie nouvelle de salut. Le sommet d’Abidjan sera suivi d’un autre, et d’un autre encore…

Albert S. MIANZOUKOUTA

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