Mugabe

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On a dit qu’une page est en train de se tourner en Afrique avec  la sortie de scène annoncée du vieux leader Robert Mugabe au Zimbabwe. Poncifs et phrases toutes faites ! Quelle est cette page qui se tourne: celle des dirigeants arrivés au pouvoir après une lutte de libération nationale? Celle des dirigeants qui s’accrochent à leur fauteuil et ne choisissent pas la bonne sortie de l’Histoire? Ou celle des idoles adulées hier et huées aujourd’hui ?


Pour savoir si une page se tourne au Zimbabwe- et quelle page -, il nous faudra lire la suite. Robert Mugabe a incarné l’espoir d’un peuple et d’un continent. Sa lutte contre le colonisateur lui a fait mériter les galons que ceux qu’ils combattaient, et qui l’avaient classé dans le rang des terroristes hier, s’emploient méticuleusement à gommer en le classant aujourd’hui parmi les dictateurs fantasques. Oui, l’homme a commis des erreurs. Oui, pas seulement son peuple mais son parti aussi réclame aujourd’hui son retrait du pouvoir et l’abandon du projet de favoriser son épouse au palais. Oui, ses réformes agraires ont été menées avec une maladresse de savetier. Oui, on ne peut pas avoir été et être toujours : oui, oui, oui !
Mais l’Afrique devrait avoir appris que de la seule fascination à changer ne naît pas une démocratie. Qu’il y a des successeurs de potentats qui se révèlent bien vite pires que ceux qu’ils remplacent dans l’euphorie!
Gabriel Robert Mugabe a largement mérité le droit, ou plutôt le devoir, de se retirer du pouvoir. Aux Zimbabwéens de nous dire que sa longévité, au pouvoir comme dans la vie, n’aura pas été le grief le plus grave qu’ils lui font et que la soif de rester libres peut attendre. A l’Afrique de nous convaincre qu’elle sait reconnaître de la dignité dans les dirigeants qui l’ont servie, lorsque vient pour eux le moment inévitable de céder leur place à d’autres.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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